03 octobre 2005
Fondation Nuit Blanche d’art contemporain : spécial Au Poil
Attention, les textes qui suivent sont de vraies présentations d’œuvres, pardon, c’est vrai qu’on ne parle plus d’œuvre, on parle de travail. Ce qui me fascine dans ces travail-s d’art contemporain, ce ne sont pas tellement les œuvres, qui en général m’intéressent quand elles sont bonnes, quoique quand même rarement créatives (mais c’est un autre débat), et même si elles provoquent au mieux une réaction du type : « ah ouououais, pas con !! », non, ce qui me fascine ce sont ces textes incroyables qui les accompagnent! C’est tellement sérieux, gonflé d’importance... on a l’impression de parler à des salariés du marketing dans le cinéma, ou à tout rond-de-cuir travaillant dans l’antichambre mal éclairée de sa vocation frustrée (– oui mais toi c’est pareil tu as un blog hi hi hi – ta gueule – ok.)
Lisez ceci sans rire, et je vous offre une bière. En même temps si vous lisez ceci sans rire, aura-t-on envie de prendre une bière ensemble – euh pardon, « d’investir l’espace urbain pour travailler sur les rapports entre le liquide et l’oral, en inventant ainsi de nouvelles formes d’interactivité table-houblon » ?
Installation : EKTOP-1
Un Satellite Urbain dans le Jardin des Halles.
Ce collectif travaille sur la relation entre la ville, l'architecture et ses usagers. Après s'être fait remarqué avec « Service Public » en 2004, une favela d'architecture fonctionnant comme un jeu d’auto-construction en échafaudage, il propose pour Nuit Blanche un satellite urbain. Sa mission est de partir à la rencontre de l’évènement, de prélever des échantillons, de les traiter et de les projeter en temps réel et décalé.
Traduction Au Poil : un quidam avec un camescope.
Installation : Cubismes
Ces artistes détournent dans leurs performances et installations, la culture pop.
« Cubismes » est une installation dans laquelle lumière, musique et danse ont des processus parallèles pour créer une image de vidéo-clip tendue à l’infini.
Le passant décide de la durée de sa perception qui fera de la performance un objet muséal ou bien un plan rapide de video-clip.
Traduction Au Poil : c'est comme chez Darty, plein d'écrans avec des images et tout. Soit on reste devant, soit on se casse, par exemple une fois qu'on a acheté ses sacs d'aspirateurs.
Installation : Vermelho-Amarelo-Verde-Azul
L’artiste propose une performance à 22h et 23h30 : deux hommes se battent habillés d’une combinaison-sac emplie de ballons multicolores (le rouge pour « humains », le jaune pour « électricité », le bleu pour « air » et le vert pour « eau »). Ils inventent au fil de leur lutte et de l’éclatement des ballons de nouvelles formes sculpturales et ce jusqu’à épuisement du stock.
Traduction Au Poil : c'est comme pendant les campagnes pour l'élection du bureau des élèves dans les écoles et les facs, il y a toujours une animation de sumo en plastique, à côté du taureau mécanique.
Installation : Manna
Un foyer au feu éteint, formé par des branches brûlées, est installé au milieu de la cour. Dans le centre du foyer, se blottissent les unes contre les autres des boules disco de différentes tailles, comme si elles avaient jailli des braises refroidies. Elles scintillent doucement. Au-dessus du foyer, suspendus à trois mètres du sol, comme un plafond constellé, ou un lustre, de grands pains volants lumineux flottent dans l’air. Ils se reflètent sur les boules disco qui renvoient alentour leurs étincelles orangées.
Traduction Au Poil : là, vraiment, je ne vois pas. Probablement un truc de scandinave (Abba, le krisproll, etc.)
Installation : Standard
Sur l’avenue, la sonnerie du téléphone retentit, en provenance d'une cabine vide. Un passant s’approche, intrigué. La cabine s’éclaire alors d’une lumière vive vibrant au rythme de la sonnerie et indiquant au passant qu’il peut décrocher. Dans le combiné, il entend une voix. Un inconnu dit son nom, raconte sa vie, une anecdote. Le message s’arrête, une autre voix demande « qui êtes-vous ? ». Le passant peut laisser à son tour un message.
La Mairie du 12e accueille le standard téléphonique du projet. Le public y découvre alors « l’envers du décor ».
Traduction Au Poil : ça me rappelle qu'il y a probablement un crétin qui posera un jour que la blogosphère aussi, c'est de l'art (un peu comme le jambon d'aoste).
Installation : Sans titre (missiles), LHRB, WWXX
Cet artiste est un artiste de l’acte. Ses actions concrétisent, en décor naturel, nos désirs fantasmés d’échanges parfois violents envers d’autres êtres humains. Avec sa série « Sans titre (missiles) » 2002, « LHRB » 2003 et « WWXX » 2004, Philippe Meste aligne nos images guerrières : tirs, vols, impacts, tests atomiques, bombardements aériens. Extraites de leur contexte et remontées avec une extrême précision, ces images deviennent hypnotiques. Comme des comètes, des mirages, ces explosions perturbent les cieux et fascinent le regard.
Traduction Au Poil : il faut les comprendre, les artistes de l'acte. C'est pas facile l'acte, aussi. Les artistes, c'est des sensibles, et comme le monde il est dur, méchant tout ça, eh ben, les artistes ils sont blessés dans leur intérieur tout sensible. Alors forcément quand on est un artiste de l'acte... (je pourrais me vautrer dans la vulgarité en disant que l'essentiel est dans lactel, mais je ne le ferais pas, par respect pour mes maîtres.)
Installation : De Rue et de Cirque - Désert de Piste
Tout se passe comme si l’on se racontait l’histoire d’une communauté qui aurait fabriqué un campement éphémère sur une piste d’atterrissage en plein désert. Un cirque fait surgir ses feintes, son envers de décor. Le cirque, ce qu’il en reste, est une survie dans cet hors du temps, un forain du presque rien. Et puis un bar, le « Bar des Zouaves » fait écho aux gyrophares silencieux qui attestent de l’urgence de ce provisoire. Décollage permanent pour un équipage en voltige sur des airs de cirque...
Traduction Au Poil : y a peut-être moyen de publier ce texte dans Le Monde 2.
Installation : Château d' eau
Avec l’installation d’un petit château d’eau sur le toit de la maison des métallos, au milieu de quelques vestiges du passé industriel, ces deux artistes donnent un coup de projecteur sur l’architecture industrielle.
Les parois du château d’eau sont absentes et l’eau qu’il contient est simulée par des jeux de lumière.
Traduction Au Poil : faut que je note de refuser au cas où ils me proposent un ricard
Vidéo : Le bruit des avions #2, 2005
« Le bruit des avions » est un simulateur de vol d'un boeing 737, qui place le joueur au commande d'un avion qui jamais ne décolle ni n'atterrit. Tout semble possible pour cet engin traversant l'espace infini, seulement ponctué de quelques signes textuels, sonores, mécaniques, avertissant de l'inévitable risque.
Traduction Au Poil : au prix du baril, quand même...
source: http://streaming.paris.fr/nuit_blanche_2005/html/index.htm
11:55 Publié dans Art Contemporain pour les Nuls | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note


Commentaires
Si je puis me permettre un recyclage, j'avais jadis commis cette caricature censée présenter une exposition de Giacometti.
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Expression d'une néantisation essentielle, les sculptures de Giacometti se situent à l'intersection d'un expressionnisme structural et d'une figuration symboliste qui paradoxalement rompt avec la dévastation surréaliste ou cubiste. C'est que, pour manifester cette absence primordiale d'un être génétique, il importe avant tout de prendre en charge un "Dasein" par lequel seul il ne peut être ce qu'il est. La pure dislocation de "Homme et Femme", d'où sourd la polarisation pulsionnelle, accentue une objectité qui, s'évanouissant en pro-jet d'achèvement, accroche néanmoins l'individu à la hylê qu'il est. La prégnance traduite de l'Autre ne laisse pas d'être abolie de cette connaissance dite.
Or tel n'est pas le dernier mot de Giacometti et l'altération y devient majuscule par la restauration figurative. L'être se néantise par-ce qu'il est et la néantisation est être pour qui, justement, ek-siste. De l'ipséité donnée, surgit la barre du sujet qui s'efface et la stase émerge en désespérance d'une saisie. Tel est le sens du creusement raturé du dessin, tel aussi celui du martelage de la forme. Il n'y aurait alors qu'un pas à franchir, celui de l'inassignabilité d'un sujet reconquis, promouvant la frustration au rang de satisfaction, pour légitimer enfin le détour métaphorique qui "assimile" l'homme giacomettien au cure dent.
Ecrit par : Pada.c | 03 octobre 2005
Le risque associé à un simulateur de vol qui jamais ne décolle ni n'atterrit doit être assez effrayant. On aurait presque envie pour calmer l'angoisse de décoller sur des airs de cirque même si le campement provisoire avec ses gyrophares silencieux qui font écho au bar des zouaves et qui attestent de l'urgence de ce provisoire inquiète un tantinet.
Quand est-ce qu'on essaye ces nouvelles formes d’interactivité table-houblon?
Ecrit par : Joël | 03 octobre 2005
Depuis que j'ai lu tes notes sur l'art comptemporain, je n'arrête pas de rencontrer des gens qui me parlent d'art et moi je leur parle de tes notes. L'ennui c'est que je n'ai pas toujours mon ordi avec moi. Je trouve que ces notes sont une fantastique mise en abyme de la dérive. Vive dada. Merdre aux textes fumeux. S''ils sont si fort sur les mots qu'il essayent donc de publier un livre.
As-tu entendu parler de ces enfants en graine de maïs dévorés par des pigeons?
Ecrit par : Joël | 09 octobre 2005
Je relis ces notes avec plaisir.
J'ai vu finalement les pigeons en questions. Je devrais en parler sur mon site un de ces jours. Il y a un concours d'insultes poètiques sur:
http://legardemots.tooblog.fr/?2005/11/05/425-concours-dinsultes#c2332
... un petit délire sans conséquence.
Ecrit par : Joël | 06 novembre 2005
"Le bruit des avions", c'est une installation d'Oussama, je parie.
Ecrit par : Ludovic | 20 janvier 2007
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