08 mars 2006
Le monde comme volonté et comme représentation ascenseurielle de la tolérance
Chaque fois que je prends l'ascenseur, je pense à la définition du mot "tolérance".
En retard au bureau, 300 secondes à attendre le "Ting" au rez-de-chaussée de la tour, on laisse sortir les vingt touristes qui dormaient dedans (c’est vrai, merde, il est 16h23 un mardi)
-- je monte enfin dans l'appareil, j'appuie sur mon bouton "11", et la petite torture commence. J’en boufferais mon écharpe (j’arrive du dehors, j’ai trop chaud j’ai couru, réunion à 16h). A chaque étage, la tension monte d’un cran alors que les portes s’ouvrent et que montent des troupeaux de larges mais courtes génisses, suivies par des bancs de veaux qui empestent le café (et la passion de la cuisine). Bien sûr, ils demandent qu’on appuie pour eux, ces nabots, et bien sûr, c’est le bouton de l'étage immédiatement supérieur!
Le pire n'est pas leur air fat (ces fâcheux n'y peuvent rien), ni leur surprise quand je relâche le bouton d’ouverture des portes (afin qu’ils se fassent presser du jus de cul), mais c'est ce regard amène, voire engageant, quand ils lancent un "Bonjour!" répugnant à la cantonade serrée contre les parois (désormais odorantes) de l'ascenseur. L'engin se remet en mouvement vertical. Espoir ; cassé dans son élan, on s’arrête et les portes s’ouvrent à nouveau. Rogtudu. Quatre dindons croisent deux pigeons (mouvement de la tête caractéristique) ; c’est l’effusion, les plumes volent. 
A ce moment précis, mon cinéma intérieur fait défiler la scène du pal de Cannibal Holocaust. Mais je manque de pratique - et de pieu.
A la place, je me raisonne : n’est-ce pas cela, que l’on nomme "tolérance" ?
L’ascenseur, c’est la société, tout le monde ne peut se plier à ma volonté narcissique de domination phallique (je suis au 11ème étage, après tout), je suis donc obligé de les tolérer. "Le bois, c’est moi, le fer, c’est les autres", comme disait Tiger Woods.
Après cette belle fable que je dédie à Platoon, le philosophe de Saigon, je vous convie à un nouveau jeu : le Poilothon. Attention, jeu de rapidité : il faudra trouver un film et en donner un dialogue, tout cela à partir d’une photo. Rendez-vous demain matin.
17:30 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : humour

Commentaires
Je t'écris rarement un commentaire mais je te lis très souvent et j'adore ton style.
Cet ascenseur, par exemple, me plaît bien !
Ecrit par : Bettina Soulez | 08 mars 2006
« L'engin se remet en mouvement vertical »
Nous voila rassuré(e)s
Ecrit par : all | 08 mars 2006
"La Tolérence, Monsieur, il y a des maisons pour ça...!"
oui, je sais, c'est facile et un peu usé... je sors... je reviendrai pour le Poilothon... mais pas trop cinéphilique quand même... que les clampins puissent jouer aussi...
Pour commencer, je verrai bien une image de la Guerre du Feu... histoire de réagir sur les dialogues...
Ecrit par : Frederic | 08 mars 2006
ouhlà... fais gaffe à ce que tu croises dans ton ascenceur... la grippe aviaire c'est pas pour les mérous... ^^
Ecrit par : meriem | 08 mars 2006
Bettina: je suis touché. Merci beaucoup!
All: je sens une allusion graveleuse qui ébaubit mes oreilles prudes, vieux pervers!
Frédéric: :)) (pour le poilothon, j'essaie de faire simple, je ne prends que des films qui me font rire, j'espère que ça donnera envie!)
meriem: "douce meriem" (c'est dans quoi ça déjà? robin des bois ou musset? pff, trou..) je sais, chaque fois que je croise un dindon, j'arrête de respirer!
Ecrit par : Blaise | 09 mars 2006
L'ascenceur monte et la machine rit.
Pourlèche a faux ?
Ecrit par : Pourlèche | 09 mars 2006
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