31 janvier 2007

Ken Cantal : épisode 15

(1ère diffusion le 2 sept. 2005)
Ken Cantal
medium_medium_pitbull_2.jpgLe point commun entre les pitbulls femelles et les concepteurs de voies de bus urbaines, c’est qu’ils sont vicieux. Ca, vous le saviez, mais non ! il fallait quand même que vous lanciez des œillades au jeune animal, en traduisant des « Wouaf » discrets pour ne pas attirer l’attention de votre gardien, Kramer, qui se dirige déjà vers la porte en face.

Vous êtes maintenant debout, au milieu du patio, et la chienne s’approche de vous, la queue redressée en signe d’écoute. Vite, vous pointez du doigt l’homme en treillis. Pas conne, l’animal comprend et va se poster devant son maître en aboyant un quelconque air de Vincent Delerm, mais avec une voix moins cassée.

L’homme se retourne vers vous, méfiant. Vous profitez de sa surprise pour pratiquer sur lui un alkaïda foudroyant. Pendant qu’il s’écroule, ses tours jumelles aplaties, vous filez sur le côté droit, dans la direction opposée. Mais la pitbull vous suit, cette vicieuse, et comme vous venez de refermer la porte, elle se met à aboyer, tandis que plus loin vous entendez les appels de Kramer.

medium_medium_couloir_2.jpgDerrière vous, c’est un couloir sombre, mais vous distinguez : une porte vitrée à votre gauche, une ouverture plus loin à droite, vers une salle faiblement éclairée, et au fond ce qui ressemble à un escalier en mauvais état.

Que faites vous?
La porte vitrée?    3 Votes 14.29%
La salle avec de la lumière?  5 Votes 23.81%
L'escalier?  3 Votes 14.29%
Vous ouvrez au pitbull?  10 Votes 47.62%

Total votes : 21

Ken Cantal : épisode 14

(1ère diffusion le 1er sept. 2005)
Ken Cantal
medium_medium_torchis-nuit_2.jpgUne caresse humide sur le front vous tire peu à peu de votre inconscience. Vous vous laissez faire en souriant, ça permet d’adoucir un peu le mal de tête. Lorsque la caresse descend sur le nez et la bouche, vous ouvrez quand même les yeux… Mais votre hétérosexualité conquérante est sauve : le pitbull qui vous lèche ainsi le visage depuis dix minutes est une femelle. Vous êtes adossé à un mur en torchis, face à une sorte de patio au milieu d’une maison basse. Il fait nuit. Au milieu du patio, une fontaine desséchée (elle ne boira plus jamais de tonneau), et vous distinguez plusieurs coursives sur les murs opposés.

Le propriétaire du sympathique chien est un type mal rasé, vêtu d’un treillis (les méchants en treillis sont toujours mal rasés, vous avez remarqué).
Il est affalé sur quoi ? Sur une chaise ! (bravo à tous les gagnants, les gains seront versés à la CRESAH, la Caisse de Retraite des Exclus Sauvés par les Associations Humanitaires). Ses pieds sont appuyés sur la table en face de lui. Il vous considère avec indifférence, un peu comme un bébé sevré regarde le sein de sa mère top model.

- Oh, ma tête ! Où suis-je ? dites-vous dans une bulle à l’adresse d’un capitaine Haddock imaginaire (et puis, Hergé, c’est un peu des cousins de vos employeurs).
- Ta gueule, salope, répond paisiblement le pervers pépère en treillis.

Il se redresse et postillonne dans son talkie walkie : « Ici Kramer. Il se réveille votre copain, je vous l’amène ».
Puis vers vous :
- T’as de la chance que la boss t’aie à la bonne. Elle pense que tu vas collaborer. Perso je te connais pas, mais je t’aurais bien laissé dans la flotte. Et sans parachute.
Vous pourriez ironiser sur ce dernier paradoxe oxymoronesque, mais vous ne le faites pas car vous prenez enfin conscience de la situation :
- Quelle heure k’il s’fait? sursautez-vous tout ébaubi (la pointe).
- Il fait nuit, comme tu vois. Allez suis-moi.
L’homme s’est levé.

 

Que faites-vous ?
Vous le suivez vers sa boss ?    5 Votes 23.81%
Vous fuyez sur le côté ?  0 Votes 0%
Vous essayez de retourner psychologiquement la pitbull à votre avantage ?  12 Votes 57.14%
Vous prétextez une entorse ?  4 Votes 19.05%

Total votes : 21

30 janvier 2007

Ken Cantal : épisode 13 (suite)

(1ère diffusion le 15 août 2005)
Ken Cantal
medium_medium_parachute_2.jpgVous commencez à ouvrir les yeux (c'est-à-dire que vous en ouvrez un)...
Vous ne sentez plus les vibrations caractéristiques de l'avion, ce qui signifie en toute logique que vous n'y êtes plus. Il fait très froid, un vent sifflant vous assourdit.

Soudain vous comprenez.
VOUS ETES SUSPENDUS A UN PARACHUTE, A PLUSIEURS MILLIERS DE PIEDS AU-DESSUS DE L'OCEAN PACIFIQUE.

Au-dessus de vous, vous distinguez quelques taches de couleur, d'autres voiles sans doute. Et très haut, déjà loin, une forme d'avion, suivi d'une traînée de fumée noire. Air Force One. Le ciel est strié par de longues traces blanches. Ce sont sans doute les chasseurs de l'escorte du président.

Une explosion vous fait plonger de plusieurs dizaines de mètres en contrebas. On vous tire dessus... 
Votre tête est très douloureuse. Vous vous évanouissez à nouveau.

Ken Cantal : épisode 13

(1ère diffusion le 29 juillet 2005)
Ken Cantal
Dix secondes plus tard, chemise à moitié reboutonnée, vous ouvrez d’un coup la porte et vous criez :
- J’ai trouvé le coffre ! Venez m’aider à l’ouvrir.
A vos pieds traîne le bras dénudé de l’hôtesse assommée, qui décidément est en passe de devenir votre allégorie du lapin – pour lui prouver que vous en étiez un chaud, vous lui en avez d’abord posé un, avant de lui en faire subir un double coup (dont un sur la nuque)...

medium_medium_cagoule_3.jpgVotre maîtrise de la langue de Henri Pourrat dans ces lieux hautement américains ne tarde pas à susciter des remous. Immédiatement deux individus cagoulés et une femme masquée accourent, les premiers vous braquant de leurs armes automatiques (quoiqu’à déclenchement manuel, encore heureux). La seconde, dont vous aviez identifié la voix lorsqu’elle criait ses ordres à travers Air Force One, vous observe à travers les orifices de son masque. Votre accent doit l’intriguer, subodorez-vous en votre for (alamo) intérieur.
- T’es qui toi ?
Vous bluffez, droit dans ses yeux cerclés de toile.
- Ken Cantal. Infiltré dans le staff ici depuis hier. Kramer ne vous a pas dit ?
- Kramer ? Il ne m’a rien dit, non. Mais on va le faire venir. Vous, fouillez-le.
Aussi taudis, aussi étouffé. Vous avez un peu de mal à respirer.
- Il est ok, concluent les enfants de chœur manqués.
- T’as trouvé le coffre-fort ? Ouvre-le, puisque tu es si fort, dit la madame en insistant du colt.

medium_medium_coffrefort_3.jpgVous vous agenouillez devant le tabernacle d’acier. Vous essayez de vous souvenir comment ils font dans les films (hum… il vous faudrait un petit génie de l’informatique avec vous, de préférence noir, boute-en-train, et amateur de chips / cookies.)

Votre nuque. Quelque chose de chaud, froid, dur et profond (et ce n’est pas une devinette) vous donne un demi-éclair de vive conscience de la douleur et de l’existence du mal. Oui, on vous a frappé, et non, ce n’est pas une vengeance de la déesse des Hôtesses-Vestales de l’Air.

Votre esprit sombre dans l’inconscience, sorte de trou profond dont la couleur n’est pas sans rappeler celle utilisée par les metteurs en scène d’Avignon, lorsqu’ils veulent signifier leur bonheur de vivre et leur enthousiasme dans l’Homme.

Ken Cantal : épisode 12

(1ère diffusion le 25 juillet 2005)
Ken Cantal
medium_medium_smalloffice_2.jpgVous estimez que sortir dans le couloir torse nu nuirait à votre image de professionnel. Et il faut bien admettre qu’en cas de lutte au corps-à-corps, le poil protége moins que le coton d’une chemise (fût-elle chemisette).
Vous vous approchez de la cloison sur laquelle attend un combiné téléphonique, au-dessus du fax. L’hôtesse glousse en se demandant ce que vous allez faire avec. Vous ne vous abaissez pas à lui répondre, et vous cherchez un contact :
- Hello ! Quelqu’un ici ? (ndlr: la présente histoire ayant vocation à être diffusée sur les chaînes hertziennes, les phrases en anglais sont doublées)
- Ctrzzzzzwouiiiiiiiiiiii ici commandant de bord ? Identifiez-vous !
- Cantal, Ken Cantal, agent spécial avec autorisation 911-911. Que se passe-t-il ?
- Bzzrrrrrrstttt avons perdu contact avec reste équipage. Sommes enfermés dans poste de pilotage selon procédures de sécurité. Nombreuses tentatives ennemies d'ouvrir porte. Ignorons la situation. Comment va président ?
- Euh, je ne sais pas trop...
Avec l'hôtesse, ça devient vraiment difficile de se concentrer, là.
Au prix d'un bel effort:
- Quelle est la procédure réglementaire ?
- Zsrtttszzzz sommes escortés par 6 chasseurs jusqu'à atterrissage urgence sur base amie dans Pacifique.
- Ok, je vais essayer d'en savoir plus. Au fait, pourquoi parlez-vous en langage télégraphique comme ça?
- Piiiiiiiiiiiiiiiuuuuuuuuuu procédure réglementaire. Permet gain de temps. Evite fioriture inutile et affect superflu. Fait croire ennemi utilisation robot pilote ou drone.
- Ah ok. Bon courage, vieux.
- Cxxxwbvtzr ok, over.
- Kkkzwxpq lettre compte triple, hi hi
- Hein ?

Des voix se rapprochent du bureau où vous êtes. Des voix qui parlent français. "C'est bon on a les codes. Il faut maintenant trouver le protocole d'accès. Il doit être dans un coffre-fort quelque part ici", ordonne une voix de femme, qui ajoute "Toi, va à l'arrière, je ne peux pas laisser Kramer surveiller seul les gardes. On doit être au rendez-vous dans 10 minutes. Fouillez toutes les pièces."
Vous vous retournez : à côté de la petite table où est le fax, il y a un épais coffre fort grisâtre. Déjà, les pas se rapprochent.
 

Vous avez 10 secondes :
Vous remettez votre chemise et vous cherchez une arme ?    3 Votes 9.38%
Vous vous cachez quelque part en laissant l'hôtesse assise seule pour faire diversion ?  8 Votes 25%
Vous fermez la porte à clé ?  5 Votes 15.63%
Vous assommez l'hôtesse et vous ouvrez la porte en criant "j'ai trouvé le coffre" ?  16 Votes 50%

Total votes : 32

29 janvier 2007

Ken Cantal : épisode 11

(1ère diffusion le 20 juillet 2005)
Ken Cantal
Vous vous approchez des ordinateurs posés sur la table. Ils sont tous pareils, et plutôt vétustes, ce qui augmente la taille de votre puce à l’oreille. Vous essayez de les sortir du mode de veille, mais en fait ils sont tous éteints, sauf un. Ce dernier n’a aucun mot de passe, et l’écran se rallume sur une partie de démineur. Mais il y a quelque chose qui cloche (comme on dit à Salers ou à Charolles), seulement vous n’arrivez pas à savoir quoi. 
Vous ouvrez l’œil (et le bon) autour de vous, mais tout est calme. Cet avion est immense.

medium_medium_bradthelma_2.jpgUne porte s’ouvre et l’hôtesse passe devant vous, aussi glaciale que Nicole Kidman à une kermesse scientologue. Vous la suivez pendant qu’elle débarrasse quelques sous-bocks garnis, mais elle vous ignore. Finalement vous entrez dans un petit bureau, à la queue leu leu derrière sa table roulante et elle. Votre maîtresse de l’air se jette alors sur votre bouche et vous sentez un morceau de langue qui vous shampouine les prémolaires. Service de qualité, pas à dire. Elle vous plaque ensuite contre le fax (qui en lâche une feuille de surprise), et ce n’est que lorsque vous êtes torse nu qu’elle lâche ce qu’on appelle communément « la phrase de trop » :
- Emmène-moi au 7ème ciel…

Vous hésitez à lui répondre que « ha ha ha mais vraiment c’est trop cheesy comme phrase pour une hôtesse de l’air », et puis finalement non, elle risquerait de mal le prendre.

Soudain, ça vous revient : ce qui cloche dans l’ordinateur abandonné de la pièce à côté… le texte du système d’exploitation, il est… en français ! Voilà qui est suspect.
Un bruit de verre brisé accompagné de chocs sourds fait redresser la tête de votre éphémère vis-à-vis. Il se passe quelque chose dans cet avion. Vous entendez des portes claquer, des cris, et des gens courir.

   

Que faites-vous ?
Vous ouvrez la porte ?    11 Votes 35.48%
Vous restez caché dans ce bureau ?  6 Votes 19.35%
Vous essayez le téléphone interne ?  14 Votes 45.16%

Total votes : 31

28 janvier 2007

Ken Cantal : épisode 10

(1ère diffusion le 20 juillet 2005)
Ken Cantalmedium_medium_calecon_3.jpg
L'humour français et l'humour américain n'ont rien en commun sauf le caleçon. Je veux dire par là que d'un côté, l'humour français montre sa vraie grandeur lorsqu'il est exercé en position de faiblesse, par exemple en caleçon ; et de l'autre côté, l'humour américain montre sa vraie nature lorsqu'il parle de caleçon. Mais les deux ne font guère bon ménage : confronté à un caleçon dans la vraie vie, l'Américain pouffe à peine, tandis qu'à l'inverse le Français aura du mal à faire un film entier sur un caleçon.

Ainsi, face à l'équipe géo-stratégico-économico-politique la plus puissante du monde, vos exclamations humoristiques nourries d'un patriotisme gaullien laissent les hommes de marbre et les dames de fer (comme on dit respectivement à Gdansk et à Leeds). Tel Cambronne blessé à la tête mais fier de son mot, vous gagnez le siège à côté de Kelly. Vous vous refaites une décence. Ken Bauer rallume la pièce.

Et au milieu de la table, tel un Jésus à une Cène, il est là… Il est là, ce président américain, honni et adulé, ce stratège redouté et admiré… Il est là, ce chef militaire et économique, ce chef des capitaines et des capitaux… Il est là, cet homme de foule et de paille (de poutre même), mais aussi cette énergie communicative, tendue vers l'avenir, sans cesse allant de l'avant... Il est là, oui, mais il pique du nez.

medium_medium_bauer_3.jpgHeureusement Ken Bauer commence le brief :
- Maintenant que nous sommes tous là. (Silence...) Je viens de parler à vos services, Cantal. Ils ont identifié le labo qui a cultivé la pastèque OGM dans le Sud de la France. Rien à signaler jusque là, sauf que c'était une commande spéciale passée par un intermédiaire américain inconnu. Le stock de fruits a été envoyé à Shangai par avion il y a six mois. On pense que c'est en Chine que les pépins initiaux ont été remplacés par les faux pépins en or. On perd toute trace des pastèques après ça, jusqu'à ce qu'on retrouve un échantillon sur notre agent mort à San Francisco.

Le président va parler.
- On pourrait avoir des bretzels, please ?
« Votre » hôtesse entre dans la salle avec le plat demandé. Visiblement elle vous a attendu, car elle vous jette un sale regard. Un regard  noir comme un faire-valoir de flic blanc.
- Le plus étonnant, c'est qu'il semble qu'on ait mis autre chose dans les trous des pépins, poursuit un autre type de l’équipe. Avant de mettre les faux pépins en or pour reboucher, je veux dire. Les analyses montrent que les cavités des pépins sont radioactives, comme si on y avait stocké des substances. La manipulation génétique aurait rendu la carapace des pastèques totalement hermétique à l'émission de rayonnement radioactif… Idéal pour y mettre des matières « sales ». Mais quoi ? et où ? Ca, c'est ce qu'il faut découvrir, et vite. Le G8 commence demain soir, hébergé en Australie.
Merci.

En repassant dans l'espace salon, vous vous rendez compte que les cadres en boutons de manchette / chignon n'y sont plus. Et ils n'étaient pas non plus à la réunion. Pourtant leurs ordinateurs sont toujours là sur la table, mais pas les sacoches correspondantes.
 

Que faites-vous?
Vous regardez leurs ordinateurs de plus près ?    14 Votes 48.28%
Vous les cherchez dans l'avion ?  9 Votes 31.03%
Vous cherchez Ken Bauer ?  2 Votes 6.9%
Vous regagnez votre espace VIP ?  4 Votes 13.79%

Total votes : 29

27 janvier 2007

Ken Cantal : épisode 9

(1ère diffusion le 18 juillet 2005)
Ken Cantal
medium_medium_air_force_one_2.jpgTandis que l’avion le plus puissant du monde (par son contenu) survole désormais les gouffres bien remplis du Pacifique, vous envisagez de défaire votre ceinture -- mais hésitez à cause de l’état pour le moins tendu dans lequel vous a mis votre voisine de siège et hôtesse de l’air.
Celle-ci est en train de se lever afin de vaquer.
Vite, vous devez dire quelque chose!
Une réminiscence tirée d’un quelconque « SAS » vous fait lui susurrer que hé hé, mignonne, vous aimeriez bien accompagner ses œufs d’esturgeons avec votre vodka. Elle se pâme (mais il y a des turbulences, aussi) et vous demande si par hasard vous n’auriez pas un château à restaurer en Autriche. Vous répondez que non, pas là, en revanche vos parents possèdent une bergerie à retaper sur les flancs du Plomb du Cantal. Elle se pâme derechef et vous prend la main gauche, que vous avez déjà moite, puis la glisse à travers la fente de sa jupe droite.
Sans être désagréable, je pense que vous ne devez pas être le premier.

Le bruit disgracieux d’un steward qui fredonne du Florent Pagny U.S. vous ramène à la réalité : vous êtes en plein dans le couloir de service d’Air Force One ! Vous n’allez quand même pas attendre les badauds pour promener votre panier à salade dans un val fourré ! Impossible. Vous chuchotez à la greluche :
- Where and when, little poulette’s ?
- 2nd door in 5 minutes !


Voilà qui est aussi rondement mené que ses hanches. La gorge sèche et le sang convergeant, vous vous levez et continuez votre exploration de l’avion. Vous vous demandez quand Airbus fournira le président des USA. On pourrait mélanger les Airbus et les Boeing. Un Air Force One pour un Airbus Force Jaune. Bref.
Là vous êtes dans les couloirs importants, ceux des bureaux et du staff, à en croire le nombre de portes vitrées opaques, fermées par des codes et des lecteurs de cartes magnétiques.
Vous comptez les secondes. Votre glotte s’impatiente.
L’hôtesse vous a bien donné rendez-vous dans deux minutes à la cinquième porte ? Oui, c’est ça, sûrement. Comme un chat compte ses petits, vous n’en pouvez plus de vérifier frénétiquement le contenu de votre pantalon. Cette attente est insupportable. Vous vous précipitez, la chemise déboutonnée et la main dans les sacs, et vous ouvrez la porte d’un coup, en miaulant « I’m gonna French you in the ass, baby baby hein hein !!! »

medium_medium_meetingroom_2.jpgDans la scène qui suit, je crois que le plus terrible, c’est le regard que Kelly pose sur le président des Etats-Unis d’Amérique dont les yeux sont braqués sur le morceau de testicule qui luit à travers votre braguette. Un bretzel géant sortirait de son oreille qu’il n’aurait pas l’air aussi congestionné. Les quatorze autres membres du comité d’urgence regardent tour à tour votre bras droit, que vous maintenez en l’air figé dans la position haute de la chorégraphie de « YMCA », et votre pantalon taille très très basse. Quelques femmes hilares, d’autres se signent.
A côté de Kelly, une place vide vous était probablement destinée (réservée, même). A droite du président, vous reconnaissez l’agent spécial Ken Bauer (frère de Jack). En vrai gentleman, celui-ci se lève et éteint la lumière. Ne subsiste dans la salle de réunion que le halo bleu qui émane des diapos sur un des murs. Quelques turbulences.

Que dites-vous ?

« …

26 janvier 2007

Ken Cantal : épisode 8

(1ère diffusion le 15 juillet 2005)
Ken Cantal
medium_medium_foretnoire_2.jpgAu milieu du salon d’accueil de l’avion présidentiel, vous vous êtes enfoncé dans le gras d’un fauteuil moelleux couleur chocolat. Ca vous donne faim. Kelly est assise en face de vous, elle continue son explication :
- On ne sait toujours pas pourquoi les pépins de cette pastèque ont été remplacés par ces pépins en or. Ce qui est sûr, c’est que cette pastèque a été identifiée comme un modèle transgénique en provenance d’un laboratoire du sud de la France. D’où la collaboration avec vos services. Mais ce n’est pas tout… Où partez-vous comme ça ?
- Je reviens : je vais nous chercher à boire et à manger. Il doit y avoir une hôtesse dans le coin..

Et avant que Kelly, la main levée, n’ai le temps de vous retenir, vous disparaissez dans le premier couloir que vous trouvez, en l’occurrence celui de gauche. Une enfilade de portes aux intitulés mal éclairés, sinon par les hublots latéraux. Personne. Un deuxième espace de salon VIP, avec quelques cadres en boutons de manchette / chignon qui vous regardent à peine. Puis re-couloir. Vous suivez ce qui vous semble des bruits de vaisselle. Soudain, une porte vitrée laisse transpirer un peu d’activité logistique. Vous êtes déçu : l’hôtesse n’est pas une hôtesse, mais trois stewards, et ils préparent une table roulante couverte de bouteilles d’eau, sans doute pour la réunion à venir. Vous n’osez les déranger.

medium_medium_hotesse_2.jpg- Pardon, vous ne pouvez pas rester ici. Nous allons décoller.
Vous vous retournez : la jeune femme qui vous sermonne ainsi a le tonus et les coutures d’une hôtesse.
Quand même ! Vous vous empressez:
- Just the woman I was looking for !…
Je veux du champagne et du gâteau au chocolat et me laver les mains.
L’avion se met à rouler sur la piste. Elle a raison, votre position va devenir inconfortable.


- Il faut nous attacher. Ici.
Docile comme un choriste de Michael Jackson, vous vous attachez où elle vous dit, un peu plus loin dans le couloir. Elle s’asseoit à côté de vous, le téléphone de cabine à la main, et elle débite les consignes de sécurité et la température au sol à Manille (pourquoi Manille ? oui, c’est bizarre). On entend le « cabin crew take off position » de rigueur, et les bruits de vaisselle en provenance du coin des stewards cessent (vous espérez que la table roulante est bien attachée aussi).
Votre voisine est ma foi émoustillante, mais ça c’est l’effet parfum capiteux, cheveux tirés, jupe droite et bas couleur chair, genre fausse sérieuse. Ou alors c’est juste vous qui avez trop lu de livres de Gérard de Villiers. Quoiqu’il en soit, si Air Force One décolle patriotiquement, vous aussi.

     

Que faites-vous ?
Vous essayez de militer auprès de l’hôtesse, façon Malko X ?    13 Votes 44.83%
Vous rapportez du champagne et une part de forêt-noire à Kelly, façon Bachelor du Rhin ?  5 Votes 17.24%
Vous continuez à explorer l’avion présidentiel, façon Explorateur d’avion présidentiel ?  11 Votes 37.93%

Total votes : 29

Ken Cantal : épisode 7

(1ère diffusion le 13 juillet 2005)
Ken Cantal
Le barman prépare vos ricards en secouant son shaker. Il essaie laborieusement de ressembler à Tom Cruise, mais il est trop grand et trop athée pour réussir le cocktail.
Vous regardez Kelly, sur votre droite. Vous maintenez vos sourcils froncés et vous hochez doucement la tête en vous mordant la langue, dans la même attitude constipée qu’un stagiaire devant Excel attendant qu’on lui montre où cliquer. Vous ne savez pas du tout de quoi elle parle avec ses pastèques et sa menace.
Votre voisine de gauche, en revanche, n’arrête pas de rire à tout ce que vous dites (et en l’occurrence à ce que vous ne dites pas). Elle ne doit pas avoir connu d’homme français depuis longtemps.
Le barman vous tend les ricards ratés. On dirait des bros pour insémination chevaline.

Kelly reprend :
- Je sais bien que c’est mon gouvernement qui vous a demandé de nous aider. Mais j’avoue que j’ai du mal à voir en quoi vous pouvez nous aider. Et je me demande s’il y a vraiment une menace.
medium_medium_sfbay_2.jpgVous placez un pion à tout hasard :
- Qui ne craint point la mort ne craint point les menaces, disait Corneille (parce qu’il venait de loin).
- Ok. Je veux bien, admet Kelly en redressant son collier. Mais le meurtre a eu lieu sur le sol américain. It’s our business. Vous avez vu les photos du dossier, non ?
- Bien sûr, mentez-vous. Et vous ? demandez-vous à votre voisine de gauche, le museau dans son ricard. Non ? Regardez.

Vous ouvrez « pour votre voisine » le fameux dossier. Quelques pages dactylographiées, plus une dizaine de photos en annexe et en couleur. Le cadavre d’un homme d’une quarantaine d’années, de type asiatique. Noyé, à en croire son rictus.
- Et qui est-ce déjà, j’ai pas eu le temps de lire jusqu’au bout ? demandez-vous à Kelly.
- Pourtant c’est écrit ici, dans le titre. C’était Ken Koubilaï, un de nos collègues qui revenait de mission de Pékin. Son corps a été repêché par miracle dans la baie de San Francisco, alors qu’il dérivait vers le large. Mais ils ne vous ont pas expliqué ça, tout à l’heure ? Vous êtes bien arrivés hier soir à SF, non ?
- Je n’ai eu qu’un briefing partiel. Visiblement, je ne suis pas le bienvenu chez vous.
- Oh... dégouline votre voisine de gauche.

Le cliché suivant montre un sachet hermétique contenant ce qui ressemble à de longues gouttelettes brillantes. Des pépins.
- Et comment avez-vous fait le lien avec les pastèques ?
- Mais vous débarquez ou quoi ? s’irrite Kelly.
- Euh, quoi ?
- C’est un labo d’ici qui a identifié les pépins qu’on a retrouvé dans l’estomac du corps. Ils sont en or. On a aussi retrouvé un fragment de la « pastèque » sur lui. Il a sans doute essayé de nous prévenir, mais il s’est fait démonter avant….
medium_medium_insideplane_2.jpgUn barbouze noir et à l’allure sombre vous interrompt. Il faut monter à bord d’Air Force One. Vous approchez de la sécurité. On vous fouille. On vous fouille. On vous fouille fouille fouille. Vous montez à bord. Non sans un regret pour l’autre bécasse, qui continue de lapper son ricard, et pour votre laguiole dans votre chaussure. Vous vous installez dans l’avion.

Que faites-vous ? (28 Votes)
Vous faites un tour vers le cockpit ? (8) 28.6%
Vous continuez à interroger Kelly ? (7) 25.0%
Vous cherchez l’hôtesse ? (11) 39.3%
Vous cherchez une salle de réunion ? (2) 7.1%

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