03 avril 2007
La philantropie des courtisanes... et autres souvenirs de Venise
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"Venise, vidise, vicise." (Jules César, Plus guère la Gaule)
Quelques jours à Venise en galante compagnie, voilà le secret de l'homme de goût. La semaine dernière, j'eus cet heur (pétantes).
Un des plus romantiques -- et donc longs -- poèmes de Lord Byron sur la cité des Doges vient évidemment à l'esprit, "Venise, c'est beau / Tes seins blancs me font pleurer / Mais... mais cette gondole prend l'eau / Ah je meurs, vite un thé".
Oui, c'est beau Venise. Il y a des canaux, de l'eau. C'est un peu la Bruges du Sud.
Le problème du touriste à Venise, c'est qu'il est nombreux. Certains disent qu'il y a plus d'adolescents chevelus place Saint Marc que de femmes enceintes dans le 15e à Paris. D'ailleurs, chaque année depuis le XIe siècle, lors de la cérémonie des noces de Venise avec la mer, le Doge emmène sur sa gondole d'apparat une classe entière de collégiens français, et les noie dans la lagune. C'est le privilège royal, le Piloti Rex. Et on est toujours ému d'apercevoir un vieil iPod flotter sous un pont, vestige de ces antiques traditions.
Il y aussi la Venise artistique, avec sa scène underground bouillonnante -- quoique souvent ignorée des touristes, faute d'oxygène. L'audience de l'émission culturelle phare, le Masque et le Tuba, suffit à s'en convaincre. On raconte même qu'à l'apogée du théâtre de boulevard, les spectateurs de l'eau-de-ville qui ne pouvaient se payer de bateau, venaient apnée!
Que dire des courtisanes? De brillantes prostituées poudrées en perruque, avec, collée au coin des lèvres, une mouche? Mais non, marée oblige : pas une mouche, une moule!! (..oui oui, l'auteur de cette blague a bien été longuement humilié en public).
Après un voyage en train de nuit sur des rails irréguliers (Zz-zz Zz-zz... Zz-zz Zz-zz... paf! Zz-zz Zz-zz... Zz-zz clong!! aïe-euh Zz-zz...), le retour au sec dépayse. Forcément, la nostalgie vous gagne : chez nous, on traverse aux clous, on fait le trottoir, etc., gnia gnia, c'est d'un banal. Là-bas, on coule! Alors je suis à la recherche d'un centre commercial lacustre, un avec des vraies têtes de gondoles, genre Aulac ou L'eau Claire. Faire des joutes en caddie...
23:35 Publié dans Chroniques culturelles | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

Commentaires
chacun sa croix...
Ecrit par : Largentula | 04 avril 2007
J't'adore ! Cherche pas hein, mais je t'adore !
Ecrit par : Folie Privée | 05 avril 2007
Hey, babydoll !
Ecrit par : Blaise | 05 avril 2007
Brillant, hilarant !
Ecrit par : Tidoum | 05 avril 2007
Mais à Venise aussi on traverse dans les clous! Seulement voilà, depuis le temps que la ville s'enfonce, ils sont dans la vase. Mais les vieux locaux, à l'oeil pétillant de malice, comme beaucoup de vieux locaux de par le monde, le savent bien, eux, qui se moquent dans leur dialecte vieux et local des touristes, nombreux aussi, qui traversent en-dehors. Tout le monde croit que les rigatoni sont une pâte inventée à Venise, alors que pas du tout: les premiers vieux locaux à se moquer ainsi s'appelaient outs Antoine, et en dialect local ancien, ils se poussaient du coude en disant: "Regarde, Antoine!" - en v.o., "Riga, Toni!"
Ecrit par : Ludovic | 27 avril 2007
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