30 mars 2008
Quand le CSA n'est pas là, les junkies dansent
Je suis passé à la soirée Technikart à l'occasion de la sortie du hors-série Littérature et du désormais traditionnel concours de manuscrits. La soirée a eu lieu dans la royale suite du Royal Monceau: vodka à volonté (dont une traître, à la poire); DJ inspiré (un individu passant de bons vieux singles de blaxploitation ne peut être foncièrement mauvais); et comme toujours, regards plutôt blasés, cheveux longs et visages poilus. Mais surtout le génie tenait à l'endroit: une suite privée d'un hôtel privé, avec invités privés... donc cigarettes à volonté en même temps que le verre d'alcool à la main! Comme au bon vieux temps... Je le redis avant que le CSA nous la joue à la Pékin: vive le tabac! vive la vodka! (et vive la citrate de béthaïne).
En revanche, la suite royale esprit 'rockstar' manquait un poil de groupies nues en transe brinquebalant des seins au dessus des tables basses, avec des rockers cuir qui déclament "We all need golden copulations" avant que de s'écrouler dans le jacuzzi débordant de coke, tandis que le bassiste frustré s'étouffe sur son médiator... Non, c'était plus littéraire. Ainsi, la baignoire ne contenait que des glaçons d'eau, destinés aux cocktails -- aucune chance de les voir s'écouler avec du champ' dans le décolleté assoiffé d'une passante propice (pourtant je me suis caché et j'ai attendu).
(séquence name dropping)
Le président du jury l'an dernier était Régis Jauffret, cette année, c'est l'excellent Eric Naulleau, fidèle à l'image que j'avais de lui en lisant ses pamphlets jouissifs. Avant, j'ai revu avec plaisir Baptiste Liger, le gourou livres qui régalait, dont j'apprécie l'intégrité et les bons conseils de lecture et d'édition. Revu également les Glimmer Twins Vincent Jaury et Gaëtan Husson, créateurs de la revue Transfuge, toujours au bon endroit au bon moment. Je les ai vus depuis le début de leur aventure et franchement, c'est impressionnant.
(fin de la séquence name dropping)
Bref, une bonne soirée, sauf pour les chargés de la corvée de nettoyage (ou corvée gerbi).
A suivre...
20:55 Publié dans Au Poil S.A.: le Roman, Blaise en Ville | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

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Commentaires
Je dois avouer une ambivalence naissante au sujet de Naulleau - j'avais adoré "Petit-déjeuner" et autres pamphlets, mais depuis qu'il est plus régulièrement visible les samedi soirs, je m'interroge. Son style semble soit ne pas aussi bine fonctionner sur la répétition, soit s'être éloigné du pamphlet pour aller vers le pronunciamento, où jugements à l'emporte-pièce ont remplacé l'argumentation. C'est dommage. Mais de temps en temps je relis quelques pages du "Jourde et Naulleau" et je me sens bien à nouveau :)
Ecrit par : Ludovic | 31 mars 2008
c'est aussi surtout le format Laurent Ruquier qui veut ça... on parle quand même d'un animateur qui est capable de - voire qui aime - laisser tribune libre aux vociférations torquemadesques d'un Gérard Miller en access prime time...
Ecrit par : Blaise | 01 avril 2008
Ah ça je dis pas que Ruquier ne soit pas partiellement coupable - ne serait-ce que d'avoir tire et de conserver l'horripilant (et je pèse mes mots) Miller du sommeil médiatique où sa médiocrité argumentatoire et sa pusillanimité intellectuelle le maintenait très justement.
Mais, quand même, ça explique pas tout. En tout ca pas que je sois tombé en pamoison devant le Naulleau qui écrit, et que j'aie l'impression de voir un Miller plus rembourré (je n'ai pas dit "rembourrin", quoique :)) quand je vois le Naulleau qui aprle :)
Ecrit par : Ludovic | 01 avril 2008
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