« Acunipuncteur : les femmes crient Grasse | Page d'accueil | Mon bureau. Mon ascenseur. Hier. »

07 avril 2008

Nouvelles à emporter (5)

medium_typewriter.jpg

Un sécateur simple
Emerveillé par la douceur soyeuse de ses rosiers, Daniel ne vivait que pour son sécateur. Il ne s'en séparait jamais, sauf le matin, de peur de le faire rouiller lors des ablutions quotidiennes auxquelles il s'adonnait, dans la baignoire de sa mère qu'il partageait depuis trente ans. Chômeur sans histoire, célibataire sans histoires, son amour du jardin occupait son esprit et consolait sa vieille maman.
Veuve et retraitée, celle-ci avait élevé avec succès quatre filles, toutes bien mariées à l'autre bout du monde. Elle se lamentait désormais sur Daniel, son petit dernier, le garçon du miracle qui avait fait la dernière joie de son père -- maintenant, le raté qui taillait les rosiers. Avec une maigre pension de veuve pour subsister avec son fils, elle espérait comme à chaque nouveau printemps qu'il s'en aille. Qu'on lui enlève enfin cette épine du pied.
A ces mots, son fils sut quoi faire. Il sortit son sécateur et s'approcha.

19:00 Publié dans Nouvelles à emporter | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://www.au-poil.com/trackback/1524188

Commentaires

Elle est bien ingrate de se plaindre, la vioque. Il lui fait le jardinier, économise sur sa facture d'eau, et de toute façon qu'est-ce-qu'elle va faire de sa prime Sarko de 200 euros? Acheter du Stéradent?

Ecrit par : Ludovic | 08 avril 2008

Ecrire un commentaire