15 octobre 2008
Récession : I love you
Avez-vous remarqué comment ce mot anodin de "Récession" est devenu un tabou? Une formule sacrée qu'il ne faut pas prononcer à la légère? Un peu comme les mots "I love you" dans les fictions américaines. On ne le prononce pas, quelques signes annonciateurs se font entendre, comme une sorte de buzz incantatoire, et soudain paf! le mot est lâché... C'est l'événement, le monstre de fin du niveau 1 qu'on vient de tuer, on passe au niveau 2 dans la carte du Tendre ultra codifiée... "I love you"... Silence. "What? You said the "I love"-word? C'est vrai? Aaaaah... C'est so sweet... Mais je crois que je ne suis pas encore là, à cette étape..."
Récession. RECESSION. J'ai pas peur de le crier si j'ai envie! RECESSION RECESSION RE-CE-SSION!!!
Ludovic nous signale dans les commentaires de la note précédente que la crise se propage de plus en plus gravement dans l'économie réelle: ce sont désormais les promeneurs de chien qui se font licencier. Vous vous souvenez de ce dessin de Geluck: le Chat, en costume cravate, enfoncé dans un épais fauteuil de cuir, tend son cigare vers un cendrier qui le jouxte. "Plus mon cigare se consume, plus je dois tendre le bras pour atteindre le cendrier. Les riches aussi ont leurs problèmes".
Une autre conséquence inattendue ici: la hausse du prix des cravates.
Heureusement, pour se réconforter, il reste toujours les farceurs des banlieues.
10:57 Publié dans Vu ailleurs... | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : récession, cravate, banlieue, travolta


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Commentaires
Je connaissais pas ce dessin du Chat. C'est grand, hein.
(Les cravates, je pense que c'est surtout pour se pendre avec une dernière touche d'élégance.)
Sinon, en banlieue... "On est pas des racketteurs, c'est pas une question d'argent mais il y a une manière d'aller voir les gens, il faut les respecter. Aux Bosquets c'est comme ça", qu'il dit l'autre.
Ben oui mon petiot, mais, tu vois, "On est pas des DAB, c'est pas une question d'argent mais il y a une manière de recevoir les gens, il faut les respecter. Dans le show-business, c'est comme ça."
Ecrit par : Ludovic | 16 octobre 2008
On ne parle pas de récession malheureux mais de croissance négative, cela fait beaucoup moins peur au peuple.
On parle pas de licenciements mais de réorganisation en accord avec la nouvelle demande.
On ne dit pas "on s'est chié dessus", mais on dit " suite à une prise de risques inconsidérée lors de nos opérations de trading, nous avons constaté au débouclement des opérations une perte notionnelle d'un montant de XX, néanmoins cela n'affecte nullement la solidité de la banque"
et on dit subprime en lieu et place "prêt hyper cher refilé à des personnes pauvres et insolvables, mais on avait prévu de récupérer leur baraque pour ramasser la plus-value de cession (mais fait chier, le prix de l'immo s'est cassé la gueule)"
Ecrit par : denice | 20 octobre 2008
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