30 septembre 2007

Loisirs créatifs: oeuvres d'Art Contemporain à Fabriquer Soi-même

Fabriquez vous-mêmes vos oeuvres avec la FAPAC (Fondation Au Poil d'Art Contemporain). Impressionnez vos amis! Mettez de la Culture chez vous, à prix Ikea! Monsieur, devenez le prédateur sexuel dont rêvent les intellectuelles récemment lourdées... Madame, débauchez enfin le locataire khâgneux de votre chambre de bonne... Suivez les conseils de Blaise.

5c6fd2158832d095734f8c020b5de1b6.jpgTitre de l'oeuvre
Métro Boulot Clodo
Happening de Boris et Karl Starkulder, 2007

Difficulté: ** (courir vite)
Prix: €€€ (un pistolet avec silencieux)
Espace requis: un espace suburbain de transport (exemple: un métro)
Impact sur gogo: ++++++
L'avis de Blaise:
Nous touchons ici à la catégorie des oeuvres dites 'dérangeantes'. Idéalement, elle devrait susciter une polémique. Ce genre de happening/polémique arrive une à deux fois seulement par décennie, et en général il s'agit d'une petite culotte: Madonna au Parc des Sceaux (Concert, 1989), Yoko Ono au Carnegie Hall (Performance 'Cut piece', 1964), etc.
Bon, ici, ça n'a rien avoir avec une petite culotte, c'était juste pour écrire le mot culotte (j'aime bien).
Cette oeuvre est double: elle fait mourir des gens, et en plus elle fait réfléchir (tout le contraire de la télévision).

Guide de montage:
Se revêtir d'un long manteau, et cacher le pistolet à silencieux sous un pan (ha ha, ndlr). Descendre dans une station de métro un jour de semaine vers 8h58, en marchant à contre-courant de la foule pressée en cravate à soie lourde et chignons lunette. S'arrêter devant un mendiant, de préférence vieux, ou bien accompagné d'enfants (chiens à éviter). Lui montrer une carte officielle. Demander aux gens de faire place, et attendre qu'ils se pressent en file indienne le long du couloir vers leur métro. Puis, s'écarter un peu et se retourner pour tirer à bout portant (avec silencieux) dans la tête du mendiant (+ enfants si applicable). Remercier la foule et demander aux gens de circuler. Guetter les réactions. Si les gens réagissent ou s'offusquent ou essaient de sauver le cadavre, vous avez dû faire une erreur: dans ce cas, fuyez, changez de station de métro et recommencez.

Critique (à apprendre):
Avec Métro Boulot Clodo, c'est le rapport du quotidien et de la banalité éculée qu'on se propose d'interroger. Dès le titre - Métro Boulot Clodo - on sent bien le jeu de mot éculé du journal quotidien gratuit, de la petite vie répétée hébétée, des matins crépusculaires et des soirs dénués d'aube. Cette proximité humaine faite d'îlots d'absence des uns pour les autres. Ce désert rempli d'une foule vide. Et lui, cet Autre, au sol, mérite-t-il de vivre? Non. Sa liberté est ma déréliction. Il doit mourir. Il est mort. Son sang me purifie. Vais-je dénoncer, ou vais-je passer mon chemin? Ai-je des horaires flexibles et une morale inflexible, ou le contraire? Dois-je badger? RTT ou forfait jours?
Cette oeuvre dérangeante fait réfléchir.
Ligne 1 et 6, tous les mardis, 8h58.

Sur l'artiste:
Les frères Boris et Karl Starkulder viennent de la scène anarcho-underground berlinoise. D'abord connus pour leurs vitrifications de fox-terriers en public, ils évoluent très vite vers le terrain de la dénonciation politique "musclée", comme l'atteste leur fameuse série "Never-Ending Suicides" (1999-2005), ces "ouvriers" qui s'enchainent à un défibrillateur sur leur chaîne de montage et se donnent la mort à chaque pause.
Certaines officines attribuent à tort la destruction du world trade center aux frères Starkulder. Ils nient, mais avouent admirer l'oeuvre: "Ces tours, c'est le dieu économie jeté à terre. C'est Baal qu'on a mis au trou!"

Variante
On peut également remplacer le clochard par un clandestin (parler de "sans papier").


04 mai 2007

Les oeuvres d'art contemporain à fabriquer soi-même




















Vote
Robert Malevitch
Huile et collage sur toile, 2007


L'avis de Blaise: une oeuvre facile à faire, même si elle risque d'être confondue avec plusieurs autres oeuvres de la collection, notamment le Commentaire blanc sur écran blanc, le Nuage de lait dans une testicule, et surtout le Arlette Chabot sur fond blanc. A exposer à l'écart, donc. On peut également passer une éponge dessus, pour se mouiller un peu - mais à chacun ses responsabilités.

11 avril 2007

Loisirs créatifs : la Culture pour tous avec Blaise

Fabriquez vous-mêmes vos oeuvres avec la FAPAC (Fondation Au Poil d'Art Contemporain). Impressionnez vos amis! Mettez de la Culture chez vous, à prix Ikea! Monsieur, devenez le prédateur sexuel dont rêvent les intellectuelles récemment lourdées... Madame, débauchez enfin le locataire khâgneux de votre chambre de bonne...
Offre spécial Cadres : l'initiation lexicale "Devenez intéressant en ville" est offerte! (pour l'offre Restaurant d'entreprise, nous écrire).

Suivez les conseils de Blaise.

Titre de l'oeuvre
Poop Music 4
Installation Peeter Hearxth, 1991

Difficulté: *
Prix:
Espace requis: 1 salle
Impact sur gogo: +++
L'avis de Blaise: un excellent rapport qualité/prix. Utile pour recycler ses vinyls. Condamne cependant une pièce entière chez soi (déconseillé aux étudiants).

Guide de montage:
Vider une petite salle. Installer des bibliothèques vides le long des murs. Dessiner deux carrés au sol de part et d'autre du mur du fond. Prendre une cinquantaine de pochette de disques 33T et les peindre en noir. Insérer un coussin péteur dans chaque pochette, et disposer les pochettes au sol, en vrac.

medium_cushion.jpgCritique (à apprendre):
"Une salle indéfinie, comme un salon de musique abandonné. Au mur, des rayonnages, qui ont contenu des disques, des disques rangés, alignés, ordonnés, classés, étiquetés, parqués. En face, la trace d'une paire d'enceintes, jadis dressées comme des guérites policières : manière de rappeler que la musique aussi, en tant que refrain, est "propagande". Au sol, l'ensemble de la musique populaire occidentale. Chaque pochette renferme l'intégralité d'une discographie, mais accélérée pour ne durer que 3 secondes. Le visiteur est invité à arpenter la salle, avec ses pieds, en commençant par l'oeuvre intégrale des Beatles réduite en 3 secondes (un prout qui claque comme un drapeau). Marchant sur chaque oeuvre pour en découvrir le résumé sonore, il se crée ensuite un parcours aléatoire et ludique, comme une invitation à un ballet de la pop-postérité, dont les pets de danse seraient la trace laissée par une popstar sur une scène oubliée. Ce parcours est unique : une fois l'oeuvre-son diffusée, elle nécessite d'être regonflée, donc réappropriée. Des infinies variations qui surgissent, nait le doute; et l'hommage."

Sur l'artiste:
Peter Hearxth est sculpteur-violoniste. Ses bronze-Tzigane, son grapelli-Plâtre et surtout son stradi-Virus ont fait l'objet d'âpres controverses à Bâle. Sa série d'installations Poop Music (1990-1994) interroge non sans humour l'interdépendance implicite entre l'auditeur précaire et la postérité musicale -- mais au fond c'est bien de la définition même de l'art et du non-art qu'il s'agit.

25 septembre 2006

France mère des arts (du balai!)

medium_affich_temporaire.jpgEn affichage en ce moment à Paris:
www.peuplade.fr, le nouveau site de communauté urbaine (citoyenne, nomade, branchée, ludique et solidaire)

je cite le slogan de la pub:
"- réaliser un court métrage
- apprendre à cuisinier thaï
- venir en aide aux SDF du quartier
- trouver qqun pour venir chercher les enfants à l'école
- et ensemble inventer une nouvelle manière de.." bla bla bla

Et l'inénarrable et désormais traditionnelle Nuit Blanche, qui propose en particulier cette fabuleuse "oeuvre":

medium_grand-palais.jpgL'œuvre en disparition de Felix Gonzales-Torres
La sculpture de l'artiste cubain Felix Gonzales-Torres exposée devant le Grand Palais est intitulée "Untilted (Placebo)". Elle est constituée de bonbons emballés dans du papier argenté, tel une sculpture offrande dont chacun est libre de prendre une partie. Oserez-vous participer à l'œuvre, et par là même à sa disparition ?

Au Poil S.A. vous rappelle que sa Fondation Au Poil d'Art Contemporain est toujours ouverte aux visites ici:
http://www.au-poil.com/art_contemporain/ 

05 janvier 2006

Un conservateur bien conservateur

Voilà un vrai acte dada.

03 octobre 2005

Fondation Nuit Blanche d’art contemporain : spécial Au Poil

Attention, les textes qui suivent sont de vraies présentations d’œuvres, pardon, c’est vrai qu’on ne parle plus d’œuvre, on parle de travail. Ce qui me fascine dans ces travail-s d’art contemporain, ce ne sont pas tellement les œuvres, qui en général m’intéressent quand elles sont bonnes, quoique quand même rarement créatives (mais c’est un autre débat), et même si elles provoquent au mieux une réaction du type : « ah ouououais, pas con !! », non, ce qui me fascine ce sont ces textes incroyables qui les accompagnent! C’est tellement sérieux, gonflé d’importance... on a l’impression de parler à des salariés du marketing dans le cinéma, ou à tout rond-de-cuir travaillant dans l’antichambre mal éclairée de sa vocation frustrée (– oui mais toi c’est pareil tu as un blog hi hi hi – ta gueule – ok.)
Lisez ceci sans rire, et je vous offre une bière. En même temps si vous lisez ceci sans rire, aura-t-on envie de prendre une bière ensemble – euh pardon, « d’investir l’espace urbain pour travailler sur les rapports entre le liquide et l’oral, en inventant ainsi de nouvelles formes d’interactivité table-houblon » ?

Installation : EKTOP-1
Un Satellite Urbain dans le Jardin des Halles.
Ce collectif travaille sur la relation entre la ville, l'architecture et ses usagers. Après s'être fait remarqué avec « Service Public » en 2004, une favela d'architecture fonctionnant comme un jeu d’auto-construction en échafaudage, il propose pour Nuit Blanche un satellite urbain. Sa mission est de partir à la rencontre de l’évènement, de prélever des échantillons, de les traiter et de les projeter en temps réel et décalé.
Traduction Au Poil : un quidam avec un camescope.

Installation : Cubismes
Ces artistes détournent dans leurs performances et installations, la culture pop.
« Cubismes » est une installation dans laquelle lumière, musique et danse ont des processus parallèles pour créer une image de vidéo-clip tendue à l’infini.
Le passant décide de la durée de sa perception qui fera de la performance un objet muséal ou bien un plan rapide de video-clip.
Traduction Au Poil : c'est comme chez Darty, plein d'écrans avec des images et tout. Soit on reste devant, soit on se casse, par exemple une fois qu'on a acheté ses sacs d'aspirateurs.

Installation : Vermelho-Amarelo-Verde-Azul
L’artiste propose une performance à 22h et 23h30 : deux hommes se battent habillés d’une combinaison-sac emplie de ballons multicolores (le rouge pour « humains », le jaune pour « électricité », le bleu pour « air » et le vert pour « eau »). Ils inventent au fil de leur lutte et de l’éclatement des ballons de nouvelles formes sculpturales et ce jusqu’à épuisement du stock.
Traduction Au Poil : c'est comme pendant les campagnes pour l'élection du bureau des élèves dans les écoles et les facs, il y a toujours une animation de sumo en plastique, à côté du taureau mécanique.

Installation : Manna
Un foyer au feu éteint, formé par des branches brûlées, est installé au milieu de la cour. Dans le centre du foyer, se blottissent les unes contre les autres des boules disco de différentes tailles, comme si elles avaient jailli des braises refroidies. Elles scintillent doucement. Au-dessus du foyer, suspendus à trois mètres du sol, comme un plafond constellé, ou un lustre, de grands pains volants lumineux flottent dans l’air. Ils se reflètent sur les boules disco qui renvoient alentour leurs étincelles orangées.
Traduction Au Poil : là, vraiment, je ne vois pas. Probablement un truc de scandinave (Abba, le krisproll, etc.)

Installation : Standard
Sur l’avenue, la sonnerie du téléphone retentit, en provenance d'une cabine vide. Un passant s’approche, intrigué. La cabine s’éclaire alors d’une lumière vive vibrant au rythme de la sonnerie et indiquant au passant qu’il peut décrocher. Dans le combiné, il entend une voix. Un inconnu dit son nom, raconte sa vie, une anecdote. Le message s’arrête, une autre voix demande « qui êtes-vous ? ». Le passant peut laisser à son tour un message.
La Mairie du 12e accueille le standard téléphonique du projet. Le public y découvre alors « l’envers du décor ».
Traduction Au Poil : ça me rappelle qu'il y a probablement un crétin qui posera un jour que la blogosphère aussi, c'est de l'art (un peu comme le jambon d'aoste).

Installation : Sans titre (missiles), LHRB, WWXX
Cet artiste est un artiste de l’acte. Ses actions concrétisent, en décor naturel, nos désirs fantasmés d’échanges parfois violents envers d’autres êtres humains. Avec sa série « Sans titre (missiles) » 2002, « LHRB » 2003 et « WWXX » 2004, Philippe Meste aligne nos images guerrières : tirs, vols, impacts, tests atomiques, bombardements aériens. Extraites de leur contexte et remontées avec une extrême précision, ces images deviennent hypnotiques. Comme des comètes, des mirages, ces explosions perturbent les cieux et fascinent le regard.
Traduction Au Poil : il faut les comprendre, les artistes de l'acte. C'est pas facile l'acte, aussi. Les artistes, c'est des sensibles, et comme le monde il est dur, méchant tout ça, eh ben, les artistes ils sont blessés dans leur intérieur tout sensible. Alors forcément quand on est un artiste de l'acte... (je pourrais me vautrer dans la vulgarité en disant que l'essentiel est dans lactel, mais je ne le ferais pas, par respect pour mes maîtres.)

Installation : De Rue et de Cirque - Désert de Piste
Tout se passe comme si l’on se racontait l’histoire d’une communauté qui aurait fabriqué un campement éphémère sur une piste d’atterrissage en plein désert. Un cirque fait surgir ses feintes, son envers de décor. Le cirque, ce qu’il en reste, est une survie dans cet hors du temps, un forain du presque rien. Et puis un bar, le « Bar des Zouaves » fait écho aux gyrophares silencieux qui attestent de l’urgence de ce provisoire. Décollage permanent pour un équipage en voltige sur des airs de cirque...
Traduction Au Poil : y a peut-être moyen de publier ce texte dans Le Monde 2.

Installation : Château d' eau
Avec l’installation d’un petit château d’eau sur le toit de la maison des métallos, au milieu de quelques vestiges du passé industriel, ces deux artistes donnent un coup de projecteur sur l’architecture industrielle.
Les parois du château d’eau sont absentes et l’eau qu’il contient est simulée par des jeux de lumière.
Traduction Au Poil : faut que je note de refuser au cas où ils me proposent un ricard

Vidéo : Le bruit des avions #2, 2005
« Le bruit des avions » est un simulateur de vol d'un boeing 737, qui place le joueur au commande d'un avion qui jamais ne décolle ni n'atterrit. Tout semble possible pour cet engin traversant l'espace infini, seulement ponctué de quelques signes textuels, sonores, mécaniques, avertissant de l'inévitable risque.
Traduction Au Poil : au prix du baril, quand même...

source: http://streaming.paris.fr/nuit_blanche_2005/html/index.htm 

01 octobre 2005

Fondation Au Poil d'art contemporain : spécial nuit blanche (enfin)

Sans titre
Georgina Borelle Jr, 1997-1972







Une photo de caniche, un bras de mannequin en plastique, une rame de gondole, un faux cil, une crotte en plastique, des roues de spitfire, tout fait sens pour cette artiste néo-zélandaise en panne d’idées purement virtuelles. Un bric-à-brac où le visiteur est invité à vider lui aussi ses poches.

Salle du vestiaire, tous les jours

30 septembre 2005

Fondation Au Poil d'art contemporain : spécial nuit blanche (again)

Jocondes à farce
Harry Mitsakomo, 1971




Mitsakomo est un pionnier. Cet artiste cuisinier d’origine corse, japonais par son père, a été le premier à poser que l’art doit se manger pour cesser « d’être » une valeur abstraite. L’œuvre mangé de Mitsakomo, réalisé entre 1964 et 1973, s’inscrit dans une démarche obsessionnelle de l’artiste : le beurre de cacahouète.
Utilisant comme matériau des esquisses de la Joconde en mie de pain, il les farcit de cette matière à la fois souple et résistante, le beurre de cacahouète, « à l’image de la personne humaine ». C’est finalement à chaque visiteur de faire un choix : s’approprier l’œuvre en la mangeant, ou savoir accepter de la laisser à la communauté ? Mitsakomo, allant jusqu’au bout de son engagement, organisait même de célèbres banquets collectifs autour de ses Jocondes à farce éphémères, sortes de happenings tournés vers une autre Renaissance.

Salle Food’Art, tous les jours (péremption : mars 2006)

Fondation Au Poil d'art contemporain : spécial nuit blanche (toujours)


Le perroquet qui aboyait
Ike Nathon, 1988





Qui vit à l’intérieur de cette cage fermée et sans barreau : est-ce un oiseau ? Un chien ? Un perroquet ? Un labrador ? C’est à la fois tout cela, et rien de cela. Peu importe. Cette cage – ou cette niche -, en forme de cube hermétique, ressemble presque à un morceau de sucre géant et lisse, à l’image des désirs de l’animal qu’elle pourrait contenir. L’artiste a poussé la provocation jusqu’à insérer des haut-parleurs dans les poignées de sa cage-niche. Sont diffusés en boucle des extraits de conversations entre perroquets, accélérés pour sonner comme des aboiements. Une mise en abyme saisissante…

Le relais cage-miche, introduction à la sculpture sono-spatiale, exposition nomade

29 septembre 2005

Fondation Au Poil d'art contemporain : spécial nuit blanche (encore)


Sans titre
Anonyme




Une œuvre indéfinissable.

Objets perdus. Derrière le vestiaire

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