22 avril 2008
Alice au pays d'énerveille
On se souvient de l'annulation en 2005 du "Festival des Films Français Sans Gérard Depardieu", qui avait fait grand bruit (voir nos archives).
On apprend aujourd'hui que c'est carrément la "Grande Sauterie Annuelle des Films Populaires Sans Alice Taglioni" qui est menacée, faute d'un nombre suffisant de films présentés. Le jury, principalement féminin, se désole.
Le mâle en moi apprécie toujours une bonne figurante qui pigeonne, mais de là à ce qu'elle 1) parle puis 2) élimine toutes les autres espèces, façon pigeon parisien, non! Arrêtez de la nourrir! Laissez vivre les actrices!
En plus, son nom de scène... Je la confonds toujours avec une marque de pâtes fraiches.
(PS: oui, certains pigeons parisiens parlent.)
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06 mars 2008
Hommage au 1er amendement (ou "La Nouvelle Seine Française")
J'ai reçu par commentaire sur mon blog, pour une note publiée le 30 mai 2007, l'injonction suivante. Lisons la ensemble:
Objet : Mise en demeure pour contrefaçon de marques
(c'est vrai qu'avec un bon clavier et un peu de pratique, on ne voit pas la différence entre le nom d'une marque et le nom d'une marque)
contrefaçon en réunion,
(ça, je reconnais, descendre dans une cave et violer mon clavier avec quatre potes, c'était une mauvaise idée. Depuis, impossible de faire un 'o' minuscule)
incitation à la contrefaçon,
(je suis désolé pour vos claviers, mais j'avais bien dit de ne pas refaire l'expérience chez vous)
des marques françaises "[article féminin] [adjectif désignant la nouveauté] [nom féminin désignant par exemple une estrade, ou un fleuve, si vous êtes mauvais en orthographe (ou ado sur MSN)] [adjectif qualifiant une identité nationale] [mon tout est une expression galvaudée depuis 15 ans, que plus personne n'utilise sans pouffer] (...)
À l’attention des responsables du site Internet www.au-poil.com (...)
(c'est moi, nous sommes un)
Mesdames, Messieurs, (oui bon ça va)
Je suis LABEROL AMARILDO le co-titulaire et mandataire légal des marques [entre ces crochets se cache les marques mystérieuses] (...) déposées à l'INPI (...), pour les classes 9, 16, 35, 38, 41, et 42. (numéro complémentaire: le 23. Des liens inattendus entre la grammaire et le loto...)
(...)
Commandements
(on est toujours sans nouvelle de Moïse, mais je crois apercevoir un veau qui brille dans la vallée)
Je vous ordonne (sic) :
-De retirer mes marques de votre site Internet, dans les balises META, les codes source, sur vos sites amis ou partenaires, sur les annuaires de référencement et tous les moteurs de recherche de l’Internet dont google…
-De cesser à la réception de ce courriel (ce doit être le nouveau nom de "lettre recommandée avec accusé de réception"), partout ailleurs, sur tous les supports la contrefaçon de mes marques.
Je vous rappel (resic) que je reviendrai vers vous que pour vous signaler mes dépôts de plainte au pénal ainsi qu’au civil avec tous les aléas inhérents à ces dernières démarches (dont le ridicule), dans l’éventualité que mes commandements ici mentionnés ne soient pas respectés (ah ça y est, Moïse revient, il était parti faire pipi derrière un buisson). LABEROL AMARILDO (anagramme?)"
Vous qui avez une grande expérience de la profondeur insondable de la [... (marque déposée)] humaine, vous avez déjà rencontré ce problème un jour?
J'ai décidé de supprimer la note incriminée.
Cependant, pour vos archives, et parce que je tiens à ce que mon combat pour faire connaitre Oldelaf & Monsieur D au sein de la très vaste N[mot interdit] Sc[j'ai dit chut] Fr[pan!]çaise ne disparaisse pas du web, ma note du 30 mai 2007 (expurgée du titre, donc):
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11 janvier 2008
Yael? Yabon
La lala la la lalala la la lalalalalalalalala.
J'adore! Comme toujours avec retard je découvre Yael Naïm, en particulier cette fameuse chanson qui semble-t-il a fait le tour des télé câblées...
Vous verrez, on ne s'en détache plus! (c'est un peu comme Feist mais sans le badge Apple Expo)
Mise à jour: c'est pénible, on l'entend partout. Mais quand même, ce léger rire qui transparait lorsqu'elle murmure "every possible mistake" vers la moitié de la chanson, c'est irrésistible.
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06 janvier 2008
La chanson du dimanche ou le grand retour des chansonniers
Mes rabatteurs m'ont fait un beau cadeau ce week-end: ils m'ont déniché "La Chanson du Dimanche", deux chansonniers très attachants, aux mélodies qui restent longtemps dans la tête, et surtout aux mimiques et aux textes irrésistibles. Ci-dessous quelques "chansons du dimanche" qui m'ont bien amusé, mais je vous conseille de vous balader chez eux: leur site officiel est ici et leur myspace là.
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23 décembre 2007
Intermède Culture Gloubibolga
Enjoy..
Un mix des images du concert, sur le son de l'album Alive 2007 des Daft Punk..
(faut aimer Daft Punk en même temps. Daft Punk, c'est un peu comme Wagner, mais avec moins de cheveux)
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13 octobre 2007
Grand grand moment demain sur Canal+ (juste après la défaite anglaise)
BRIGITTE ET MOI
Film réalisé par Nicolas Castro et produit par un super pote
Le pitch:
Le 31 décembre 1982, Richard (Richard Allan, surnommé à l'époque "queue de béton", ex-star aujourd'hui reconverti dans le chocolat érotique, ndlr), seul chez lui, découvre les voeux de François Mitterrand qui s'adresse à ceux qui souffrent. Richard est de ceux-là, lui qui vient de perdre Brigitte, la seule femme qu'il ait jamais aimée, victime d'un virus encore inconnu. Il décide alors de raconter son histoire. Réalisée à partir d'extraits d'une trentaine de films X des années 70 et d'images d'archives, cette fiction retrace l'histoire d'une parenthèse enchantée, de la pilule à l'apparition du sida et raconte des années de chamboulement des moeurs et de la société envisagées à travers l'histoire d'un couple, celui de Richard et Brigitte.
J'ai eu la chance de le voir en avant première, cet ovni a vocation à entrer dans le panthéon (bien encombré) des films dits "cultes"!! C'est incroyable qu'ils aient aussi bien réussi à monter une vraie histoire à partir d'extraits et de dialogues. Surtout, la plupart des scènes sont à mourir de rire, pleines d'autodérision et de moments absurdes. Une vraie première du genre...
Brigitte et moi
60 minutes
Canal +
Samedi 13 octobre 2007 - 23h05
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19 août 2007
Eté 2007 : les contrepets Au Poil S.A. (5)
Tout en séchant le lin il secoue sa serge dans le vallon.
Et même acculés par une tempête, ils n'en perdent pas leur belle mine!
Jeune déjà, tu paraissais taquine.
Les guitaristes se méfient des barrés quand il dièsent.
Le preux chevalier joute en rugissant !
Victor Hugo avait il vraiment l'entrain de Javert ?
Vos doutes sont imprécis
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12 août 2007
Eté 2007 : les contrepets Au Poil S.A. (4)
J'ai vu le vieux lycée Ampère
The maiden has her soul full of hope
L'artiste dans son coeur a comme un rameau nu
Elle avait un chapelet de citrouilles autour du cou
Le médecin n'apprécie guère que l'infirmière parte pendant les ventouses
Grand prix de tennis
Viollet-le-Duc amputait les voûtes. Il a su créer avec de biens mauvais projets.
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08 août 2007
Eté 2007 : les contrepets Au Poil S.A. (2)
En lisant Racine ou Molière
Je tricotais des épaulières
Le docteur, qui n'était pas chaste
Voulait piquer le nez d'Eraste
Vous vendez aussi la sauteuse?
Vous l'avez bien lu dans l'annonce
Elle m'a menti, la sotte
Le bout de la tresse est caché par de pieux voiles
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06 août 2007
Eté 2007 : les contrepets Au Poil S.A. (1)
Pour commencer, voici les 2 plus dures contrepéteries que je connaisse. Ce sont de vrais puzzles, chapeau si vous les trouvez sans aide:
- Le corbeau aime le sang qui coule à la curée d'un cerf
- Eric, il faut un calme et bon caviste pour eux sept
Et ensuite, on fait dans le tranquille, le serein:
- J'ai liasse, mon chou
- Achète, que je rie
- Le noir a une chopine de cola
- L'ânier caresse l'ânesse dans la rue et murmure "Vise l'âne !"
- Madame Vigée-Lebrun
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29 juin 2007
Lecture et confiture (plus c'est épais, plus ça colle)
Invité par mon vieux Lebaroude à répondre au "Questionnaire de Procuste" (sic) qui circule ces derniers temps de blog en blog, je m'y prête avec vous savez quoi? Oui, avec plaisir. Il s'agit du jeu frustrant qui consiste à raboter, jusqu'à ne garder que 4 références plus ou moins arbitraires... Bon, déjà je sens que je vais tricher.
Les 4 livres de mon enfance
C'est la question la plus dure! Comment ne retenir que 4 livres du temps où on était capable de s'enthousiasmer jusqu'à lire les quasi intégrales des auteurs qu'on aimait?
- "Le Club des Cinq en randonnée" de Enid Blyton, point de départ d'une frénésie de lecture des bibliothèques roses et vertes, jusqu'au mythique "Les Vacances" de la Comtesse de Ségur
- "La Guerre des Mondes" de HG Wells, qui m'emporta dans son univers sciento-pessimiste et par ricochet me plongea ensuite dans Jules Verne
- "Le Seigneur des Anneaux", de Tolkien, dévoré en 36h chrono, comme Monte Cristo et les Mousquetaires
- La trilogie "813" / "Le Triangle d'or" / "Les Dents du tigre" de Maurice Leblanc, qui reste à ce jour un de mes auteurs d'aventures populaires préférés, relu et relu...
(Mais je vois d'ici mon Moi enfant/adolescent qui me reproche de ne pas rendre hommage aux William Golding, H.C. Andersen, Flaubert, Barjavel, Jack London, Roald Dahl, Pierre Dac, P.G. Wodehouse, Gaston Leroux, Maupassant, H. Hesse, Conan Doyle, Walter Scott, Théophile Gautier, Jerome K. Jerome, Alphonse Allais, J.M.Barrie, R.L. Stevenson, Molière, Feydeau & La Fontaine (sur des vieux vinyls Comédie Française de mon père, de la grande époque Charron / Seigner / Chamarat!), Chrétien de Troyes, Lovecraft, Daphné du Maurier, Poe, Mark Twain, Wilde, Ovide (ha ça fait classe ça, mais franchement, les Métamorphoses, quand on commence à se prendre au jeu!), Fitzgerald, Steeman, Kipling, Marcel Aymé, Selma Lagerlöf, les Alfred Hitchcock présente, et bien sûr la lecture clandestine des Mille et Une Nuits traduits par Mardrus et de San Antonio et SAS -- ok, ok j'arrête, mais tellement de choses me reviennent d'un coup en songeant à cette période...)
Les 4 auteurs que je lirai et relirai
- Graham Greene (plus j'en lis et plus j'aime)
- Borges (merci lebaroude, qui a très justement décrit ses nouvelles comme étant "abyssales"...)
- Balzac (c'est comme Proust, Faulkner ou Dragonball Z, il faut se fixer d'y arriver à bout un jour!)
- Céline (lecture ardue, je dois dire, mais c'est une question de gymnastique oculaire)
Les 4 auteurs que je ne lirai probablement plus jamais
- Enyd Blyton & la Comtesse de Ségur (hein parce que bon :-)
- Sade (parce qu'une fois qu'on a lu la "Philosophie dans le boudoir", "Justine", parcouru "Juliette" et les "120 jours...", qu'on a pu constater avec intérêt que les "artistes transgressifs subversifs" ne font que de la redite depuis 200 ans, que les sophismes libertaires mal goupillés, ça ennuie, et que quitte à lire de la belle langue 18ème pleine de subjonctifs salaces, autant lire Laclos ou Voltaire, on peut juste garder l'essentiel : de nouvelles expressions! ("se polluer", "l'autel où brûler l'encens"...))
- Maurice G. Dantec (le provocateur m'intéresse ou m'amuse, mais le romancier m'ennuie -- exactement le contraire de Houellebecq)
- Marc Lévy (et pourtant, vu en interview, il a l'air sympa! mais bon, vous connaissez mes expériences dans ce domaine...)
Les 4 premiers livres de ma liste à lire ou à relire (liste réduite "d'indispensables")
- "La Puissance et la gloire", de Graham Greene
- "Mort à crédit" de Céline
- "Un singe en hiver" de Blondin
- Toutes les nouvelles de Saki, ce ton glacé et imperturbable...
Les 4 livres que je suis en train de lire
- "Moby Dick", de Herman Melville, j'entre enfin dans ce "fameux monument" de la "modernité", comme disait ce pauvre Sartre
- "Quelle famille", de Tom Sharpe, le Wodehouse moderne (enfin, moderne des années 70...)
- "Histoire de France", par Jacques Bainville, le mythique essai récemment réédité en poche (éditions Texto) par mon idole Jean-Claude Zylberstein
- "Pourquoi j'ai mangé mon père", de Roy Lewis, très drôle fantaisie préhistorique
Les 4 livres que j'emporterais sur une île déserte
- "Oncle Dynamite", de P.G. Wodehouse, parce que même mort sur mon île j'en rirai encore
- "Les Démons" de Dostoïevski, pour enfin m'y remettre
- "La Foire aux Vanités", de Thackeray, idem, et puis ça me ferait les premiers pavés pour ma cabane
- "Les Pensées" de Pascal, parce que bon, seul sur une île, entre deux mouettes farcies, on a le temps de penser aux fins dernières
Les premiers mots d'un de mes livres préférés
"Pendant toute la journée d'automne, journée fuligineuse, sombre et muette, où les nuages pesaient lourd et bas dans le ciel, j'avais traversé seul et à cheval une étendue de pays singulièrement lugubre et, enfin, comme les ombres du soir approchaient, je me trouvai en vue de la mélancolique Maison Usher. Je ne sais comment cela se fit, mais, au premier coup d'oeil que je jetai sur le bâtiment, un sentiment d'insupportable tristesse pénétra mon âme."
("La Chute de la Maison Usher", Edgar Poe/ trad. Baudelaire)
Les derniers mots d'un de mes livres préférés
"Au bout d'un quart d'heure, il monta dans la chambre, avec le cocher et un des laquais. Ils frappèrent sans qu'on leur répondit. Ils appelèrent; tout était silencieux. Enfin, après avoir essayé vainement de forcer la porte, ils grimpèrent sur le toit et descendirent par le balcon. Les fenêtres cédèrent aisément; leurs ferrures étaient vieilles....
Quand ils entrèrent, ils trouvèrent, pendu ou mur, un splendide portrait de leur maître tel qu'ils l'avaient toujours connu, dans toute la splendeur de son exquise jeunesse et de sa beauté.
Gisant sur le plancher, était un homme mort, en habit de soirée, un poignard au coeur!... Son visage était flétri, ridé, repoussant!... Ce ne fut qu'à ses bagues qu'ils purent reconnaître qui il était...."
("Le Portrait de Dorian Gray", Oscar Wilde)
Et vous, quelles seraient vos séries de livres? Hein, Môssieur Resse ? Et Vinvin, qui retrouve son abondante verve textuelle ces derniers temps! Et Ludovic, Denice, Largentula et les autres ?...
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03 avril 2007
La philantropie des courtisanes... et autres souvenirs de Venise
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"Venise, vidise, vicise." (Jules César, Plus guère la Gaule)
Quelques jours à Venise en galante compagnie, voilà le secret de l'homme de goût. La semaine dernière, j'eus cet heur (pétantes).
Un des plus romantiques -- et donc longs -- poèmes de Lord Byron sur la cité des Doges vient évidemment à l'esprit, "Venise, c'est beau / Tes seins blancs me font pleurer / Mais... mais cette gondole prend l'eau / Ah je meurs, vite un thé".
Oui, c'est beau Venise. Il y a des canaux, de l'eau. C'est un peu la Bruges du Sud.
Le problème du touriste à Venise, c'est qu'il est nombreux. Certains disent qu'il y a plus d'adolescents chevelus place Saint Marc que de femmes enceintes dans le 15e à Paris. D'ailleurs, chaque année depuis le XIe siècle, lors de la cérémonie des noces de Venise avec la mer, le Doge emmène sur sa gondole d'apparat une classe entière de collégiens français, et les noie dans la lagune. C'est le privilège royal, le Piloti Rex. Et on est toujours ému d'apercevoir un vieil iPod flotter sous un pont, vestige de ces antiques traditions.
Il y aussi la Venise artistique, avec sa scène underground bouillonnante -- quoique souvent ignorée des touristes, faute d'oxygène. L'audience de l'émission culturelle phare, le Masque et le Tuba, suffit à s'en convaincre. On raconte même qu'à l'apogée du théâtre de boulevard, les spectateurs de l'eau-de-ville qui ne pouvaient se payer de bateau, venaient apnée!
Que dire des courtisanes? De brillantes prostituées poudrées en perruque, avec, collée au coin des lèvres, une mouche? Mais non, marée oblige : pas une mouche, une moule!! (..oui oui, l'auteur de cette blague a bien été longuement humilié en public).
Après un voyage en train de nuit sur des rails irréguliers (Zz-zz Zz-zz... Zz-zz Zz-zz... paf! Zz-zz Zz-zz... Zz-zz clong!! aïe-euh Zz-zz...), le retour au sec dépayse. Forcément, la nostalgie vous gagne : chez nous, on traverse aux clous, on fait le trottoir, etc., gnia gnia, c'est d'un banal. Là-bas, on coule! Alors je suis à la recherche d'un centre commercial lacustre, un avec des vraies têtes de gondoles, genre Aulac ou L'eau Claire. Faire des joutes en caddie...
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15 janvier 2007
Lady Chatterley : de l’érotisme pour troncs d’arbre
Ce qui distingue la petite-bourgeoise de la bourgeoise petite, c’est sa plus grande facilité à grimper sur son grand jardinier.
Je me faisais cette réflexion avec amertume hier après-midi, devant le nouveau film « Lady Chatterley ».
Vous avez remarqué ? Chaque année, il y a toujours une fois où l’on abaisse sa vigilance, et où l’on va voir un film français encensé par la critique française. Jamais, jamais, jamais. C’est pourtant simple, mais non, à chaque fois on s’y fait prendre à nouveau. (Ceux qui ont vu « Peindre ou faire l’amour » comprendront.)
J’aurais dû me méfier.
Ca commence avec le titre « Lady Chatterley » qui se détache en lettres majuscules enjolivées sur un ciel bleu tourmenté de nuages blancs, un peu comme une présentation Powerpoint de Danielle Steel.
Un rapide coup d’œil au public : beaucoup de vieilles bourgeoises avec des gueules de jury Fémina. On les sent réceptives à la libération du poil pubien pour emmerder papa.
L’histoire ? Une riche oisive qui s’ennuie dans sa campagne anglaise des années 20 (à savoir des arbres, du vent, une pelouse, un manoir et des porte-jarretelles). Son mari est riche, capitaliste et impotent. Il est contre les ouvriers qui cultivent leur part féminine, et est revenu de la guerre paralysé du gland et de la langue (il est peu causant). Du coup elle s’ennuie sec. Son seul désir c’est d’aller cueillir les jonquilles en gros plan, tout en buvant l’eau vive qui jaillit de la source au milieu de la forêt foisonnante et sensuelle, loin de la pelouse austère de sa vie (et elle reboutonne tristement son chemisier).
30 minutes ont passé. Gasp.
Elle tombe nez à dos avec le garde-chasse musclé qui se lave à moitié nu au milieu de la forêt. Ah, qu’il a bon dos, le populo au milieu des oiseaux. Il y a du poil, de la sueur et du rebelle dans cet Homme puissant seul face à la bassine. Ca change du mari à qui faut tenir l’engin pour faire pipi. Les nuits de Lady Chatterley en sont toutes essoufflées : il y a un avant et un après « dos nu » (et elle déboutonne gaiement sa jupette pour contempler ses poils. Ouf, ils sont toujours là).
Une heure. Bâillements dans la salle.
Pour la première fois en trois semaines, hier elle n’est pas venue à la cabane s’asseoir à côté du garde-chasse mal-léché-mais-plus-pour-longtemps (qui est aussi bricoleur, jardinier et souffre de calvitie précoce ; il est peu causant lui aussi, mais c’est normal, c’est un bon sauvage, il est plus à l’aise au planter de bâton.) C’est con, Lady Chatterley a raté la naissance d’un mignon petit poussin (dialogue savoureux quand elle le prend dans ses mains : « Il est tellement confiant »… Remarque générale : les dialogues du films sont aussi rares que savoureux. Les fleurs : « Elles sont si jolies ». Et Lady qui court dans la forêt vers son amant, arrivée face à lui s’exclame : « Tu es là ! »)
Après le poussin, le gourdin ? Notre Homme enserre la Lady de ses pognes, interrogatif. « Venez dans la cabane. » Bin pourquoi pas se dit notre bourgeoise, après tout les classes besogneuses, ça pourrait le faire… Et hop ! Un peu rapide peut-être, mais le geste est beau (ça grogne dans la sciure, c’est canaille en diable)…
Une heure trois quarts.
Dans la cabane, dans les sous-bois, la vie de notre Dame n’est plus que serrage desserrage de jarretière et gazouillis d’oiseaux. « Ma vie est enfin remplie », se réjouit la riche délaissée en tapotant son piano.
C’est le petit matin. Elle veut en savoir plus : quelle est donc cette cheville ouvrière qui la transporte au-delà des bosquets ? « Tu veux toucher ? N’aie pas peur, regarde », la rassure son menuisier. Et elle voit – et on voit. Devant nous, un gros sexe d’homme. Noble, dressé, dominant, mais attention : avec une part féminine. Ce film est un manifeste. Un pamphlet ! « Nous bravons les tabous », frissonne la rombière (et elle reprend du thé.)
Deux heures.
Il pleut. Ou, plus exactement, des traits de pluie sont dessinés sur la pellicule. (Tout le budget est passé en jarretières.) Courons ! Courons nus sous la pluie ! Oui, rions aussi ! C’est le bonheur, l’eau qui tombe du ciel et pas que de la source d’eau vive. C’est la magie de la Vie.
Deux heures et quart.
Faisons l’amour dans la terre boueuse sous la (fausse) pluie. C’est pas sale, c’est bon pour les muqueuses.
Deux heures vingt.
Dans ce terreau fertile, communions avec la nature féconde. Faisons pousser des fleurs dans notre désir. Un bouquet sur ton bouton, deux petites fleurs dans ta bruyère et une pâquerette dans le baba. Et toi aussi, chéri, je vais te fleurir le roseau.
Deux heures trente-huit.
C’est presque fini. Le premier et dernier vrai dialogue. Et c’est la prise de conscience finale : mais… mais ils jouent mal !
Le film vaut surtout par son utilisation subtile de symboles forts. Le monde ancien et finissant du machisme (le mari impotent qui échoue à remonter une pente dans sa chaise roulante à moteur (ou alors c’est que cette scène de 17 minutes ne sert à rien)), le monde nouveau et libre de la nature sensuelle (les deux mésanges dans la rosée, la cabane au milieu de la forêt, la jungle des poils), le sexe pointu du jardinier (turlututu, qui ne ramasse pas les feuilles mortes), l’apprentissage du plaisir (en dessous c’est bof, au dessus c’est mieux, à côté c’est mieux pour lui et dans un lit c’est moins salissant que dans la boue).
Ce film est aux films de Just Jaeckin (Emmanuelle, Histoire d’O, l’Amant de Lady Chatterley) ce que Ségolène Royal est à Philippe Douste-Blazy : au moins, devant ceux-là, on rit de bon cœur. Ici, non.
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18 novembre 2006
Menu W9 !!!!!!!!!!
Si vous êtes chez vous là maintenant tout de suite un samedi soir entre 23h et minuit à looser comme une pauvre crotte sans ami (crotte), faites comme moi : allumez la TNT et branchez la chaîne W9 , pour l'émission Menu W9... Je découvre: le plus déjanté de la trash TV japonaise et autres jeux débiles nippons commentés par d'anciens bratislaboys...
Je ne déscotche pas.
C'est juste fou...
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02 octobre 2006
Les écrivains (qui sentent le pipi)
Hilarante critique de Chronic'art:
"Lire un livre de Christine Angot, c'est comme aller voir les Rolling Stones : on serait déçu si elle ne jouait pas ses standards. Pour notre plus grand bonheur, elle les reprend tous dans son nouveau roman, Rendez-vous. Page 16, ça démarre très fort : elle attaque sur une belle évocation de ses poils de chatte. Enchaînement direct sur l'inceste avec papa deux pages plus loin puis, page 24, apparition du psychanalyste, qu'on a toujours plaisir à retrouver. Page 29, autre grand classique : une bonne grosse queue bien dure, en l'espèce celle d'un banquier blindé de fric qui poursuit Christine de ses ardeurs. Page 38, entrée en scène de l'ostéopathe, l'un des personnages-clefs de son univers, déjà présent dans Pourquoi le Brésil. Page 68, montée en puissance : Christine a la nausée, elle essaye de gerber. Et page 69, c'est l'apothéose, le feu d'artifices que tout le monde attendait depuis trois ou quatre livres : une bonne vieille chiasse qui la tiendra toute la nuit sur les toilettes, "des selles liquides qui ne purifiaient rien". Pas de doute, avec cette diarrhée d'anthologie, Christine vient d'écrire un nouveau tube planétaire, qu'on espère bien retrouver dans ses prochains romans." (...)
La suite ici
18:00 Publié dans Chroniques culturelles | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
29 septembre 2006
Vive Dau & Catella !!!
Hier soir j'étais à ce spectacle au Café de la Gare.
Dau et Catella (et non pas le contraire).
Je suis ces deux comédiens depuis plusieurs années : j'avais vu leur premier spectacle qui s'appelait "L'étroite moustiquaire", au Lucernaire, puis j'étais allé les voir à Versailles pour leur deuxième création, "Mais où est donc Quichotte".
Pour reprendre la formule de je ne sais plus qui concernant les romans de P.G.Wodehouse, "il ya ceux qui adorent et ceux qui ne connaissent pas encore.."
Ce spectacle est presque aussi drôle que leur premier, "L'étroite moustiquaire", qui reste une de mes références humoristiques ever. Dans ce nouveau show, le rythme est un peu plus répétitif, mais les dialogues absurdes s'enchainent, les jeux de mots fusent, et surtout arrivent des situations assez fines et des mises en abyme du théâtre, façon Pirandello rencontre Devos...
Mais ça c'est du bla bla, c'est surtout hilarant, ils créent une connivence jouissive avec la petite salle, ils arrivent à faire rire sur rien, en ne se moquant de rien et sans dérision, juste par une excellente écriture et un jeu génial. Ce genre de spectacles réjouit le coeur : oui, ça existe encore!!
A découvrir, ils le méritent, j'ai vraiment envie qu'il obtiennent enfin le succès et la reconnaissance qu'ils méritent.
Réservation ici.
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28 septembre 2006
La mémoire spahie plus chère
En France aussi on sait faire des sequels!!
Après le succès d'INDIGENES 1 "les Berbères et les Arabes"...
bientôt sur vos écrans: INDIGENES 2 "Les Noirs" et INDIGENES 3 "les Jaunes"
![]()
NB: ci-contre, j'adore cette photo des tirailleurs marocains défilant à la victoire de 1945 !
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26 septembre 2006
Vive les séries TV novellisées!!!
Ce week-end je suis venu à bout de la saison 1 de Desperate Housewives.
Il me reste toujours à montrer les 3 dernières saisons de Friends à madame.
24? Après avoir vu les 4 premières saisons, je n'ai toujours pas vu les 10 derniers épisodes de la saison 5.
Les 2 premiers épisodes de Scrubs étaient très drôles, je ne sais pas combien de saisons de combien d'épisodes il y a...
Six Feet Under : tout le monde me dit que c'est excellent. Combien de saisons?
West Wing, 7 saisons!
Lost, je n'ai vu que l'épisode 1.
Je n'en peux plus. Je suis découragé à l'avance.
Au moins à l'époque où je regardais Amicalement vôtre, Chapeaux melons, le Saint, Seinfeld, X Files, K2000, Tonnerre mécanique, South park, Spin city, Ally MCbeal, etc etc etc à la télé, je ne me posais pas la question de savoir si oui ou non c'était bien tel épisode de telle saison et me dire ah bin non ça c'est l'épisode 4 de la saison 13 de Simpson, il faut d'abord voir les 12 précédentes...
Du coup c'est décidé, la saison 2 de Desperate Housewives, je la regarderai en podcast écrit sur le site d'ABC. Je vais lire les résumés de tous les épisodes. A quoi bon s'embarquer sur des heures et des heures de visionnage pour des fictions multi-saisons dont on sait que les scénaristes ne savent pas où ils vont? Pareil pour Lost. Et puis, faut arrêter, Desperate Housewives la saison 1 a des scènes très drôles (Lynette et Bree), mais bon ça vire très vite aux Feux de l'Amour. Ah! retrouver enfin le temps de lire, de regarder des vrais films, ça changera de cette avalanche de flux permanents qui deviennent épuisants...
PS: Hi hi hi!!! Vous y avez cru? Je suis faible et j'aime les histoires. J'ai une âme de fan : si j'entre dans un univers, j'y entrerai jusqu'aux oreilles (c'est pour ça que j'aime les elfes). Je craquerai toujours pour la fiction. Scenario et photographie, c'est ce qui me touche le plus dans l'audiovisuel - d'où certainement mon goût pour le cinéma de genre...
PS 2: http://abc.go.com/primetime/desperate/recaps/123.html
09:00 Publié dans Chroniques culturelles | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
21 septembre 2006
Little Miss Sunshine : cours-y vite, cours-y vite!!
Cinéma hier soir : je suis allé voir Little Miss Sunshine, en n'ayant aucune idée de ce que j'allais voir, sinon que c'était une comédie étiquetée "Sundance"...
Ce genre de films indépendants est - je trouve - souvent surfait, ou en tout cas pas forcément à la hauteur du projet que les journaux "intellectuels" français aimeraient qu'il soit, surtout quand il s'agit de comédies dramatiques, mais celui-ci est vraiment excellent.
Chose qui ne m'était pas arrivée depuis bien longtemps avec un film récent : j'ai alterné de vrais fous rires (des vrais, hein, avec les larmes aux yeux et tout, en particulier les 10 dernières minutes, pour ceux qui l'ont vu) et des passages où j'ai été sincèrement touché par la justesse des personnages et la délicatesse de l'histoire.
Bref: surtout ne lisez rien sur ce film, laissez-vous surprendre, courez-y très vite, il le mérite (et pour une fois les critiques de la presse, en général vendues, coïncident avec les critiques des spectateurs, en général bovines :D).
12:35 Publié dans Chroniques culturelles | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
10 août 2006
Lire Marc Levy (oxymore)
J'entendais ce matin que le dernier modèle de livre de Marc Levy figure en tête des ventes estivales. J'avoue que cela m'a laissé perplexe, et m'amène à cette question réellement candide: qui a déjà réussi à lire un livre de Marc Levy?
Personnellement j'ai essayé de lire "Et si c'était vrai?" à quatre reprises, les deux premières fois le livre m'est tombé des mains après moins de 15 pages, la troisième fois j'ai fini 20 pages, et la quatrième fois (un an après) je suis arrivé à une trentaine de pages et j'ai arrêté - je n'y arrivais pas!
Et pourtant je suis vraiment bon public, j'essaie de lire un livre par semaine, en alternant romans, essais, histoire, nouvelles et parfois poésie, sans compter les sites de textes en ligne. De surcroît, et c'est pareil pour la musique ou le cinéma, j'apprécie ce que je lis à la mesure de son "canal" (le canal "espionnage 1er degré" pouvant être sympa, de même que la "SF 1er degré", mais pris comme tel, à côté du canal "humour anglo-saxon wodehouse saki benchley" qui lui-même n'est pas comparable au canal "julien gracq", etc...)
Bref, pour Marc Levy, je me disais que ce ne serait pas plus dur que d'entrer dans un Lolita Beigbeder ou un Frédéric Pille ou un Gavalda s'habille en Prada, enfin je confonds - que nenni! Marc Levy est comme certains bulots, il se cache au fond de sa coquille et ce n'est qu'après avoir échoué à le racler qu'on se décide à l'abandonner dans l'assiette. A contre-coeur, parce que ça reste un livre, c'est toujours à regret qu'on l'abandonne, fût-il mauvais.
Marc Levy, donc. Le souvenir que je garde de cette lecture, souvenir obscurci comme souvent par le jugement à l'emporte-pièce qu'il est facile d'avoir a posteriori, bref le souvenir que j'ai de Marc Levy, voilà à quoi il ressemble:
"Elle alla dans sa salle de bains. Elle ouvrit le placard du bas. Il y avait deux brosses. Elle prit la brosse de gauche, celle que sa maman lui avait donné à Noël dernier. Elle sortit de la salle de bains. Quelle joie de retrouver ses amis dans la grande maison avec le petit établi en bois verni où elle passait ses vacances enfant. Elle noua une grande serviette éponge bleue ciel sur ses cheveux mouillés. Il faisait beau. Les toits de San Francisco rayonnaient sous la légère brume. Elle dénoua sa serviette éponge et rentra dans la salle de bains. Elle enfila un slip blanc et sortit de la salle de bains.
Elle entra dans sa chambre et s'arrêta surprise: ce n'était pas sa chambre, mais la salle de bains. Elle en sortit. Elle passa une jupe à motif écossais. Allait-elle retourner dans la salle de bains? Elle hésita. Non, elle dégrafa sa jupe et enfila un vieux jeans. Celui que tu aimais, Kevin.
Elle repassa par la salle de bains (...)
[ndlr: ici elle essaie plusieurs soutiens-gorges, repense à Fluffy son chien désormais mort, décide conséquemment de ne pas mettre de soutien-gorge, choisis un T-shirt serré, se souvient de son amour perdu mais qui vit encore en italique, et avale un petit-déjeuner préparé (on avale toujours un repas, c'est un des rares raccourcis que s'autorise l'auteur)]
Elle entra dans le garage et ouvrit la porte de sa voiture à l'aide de sa clé. Elle poussa la vieille couverture sur la banquette arrière de sa petite Chrysler d'occasion. Sortir de la ville, sortir de ces derniers mois. Elle avait besoin de repos. Oh Kevin, pourquoi?
Elle passa la première vitesse, qui était aussi la seule. Elle sourit. Sa voiture était automatique, comme son percolateur acheté chez Macy's pendant les soldes. Elle appuya sur le bouton de l'autoradio. Une musique agréable et douce se diffusa dans sa voiture. James Blunt. Ou était-ce Daniel Powter? Elle ne le savait plus. Un chanteur à bonnet, sans doute. Elle ne vit pas le camion sur la droite. Le craquement de la tôle lui rappela son père. Elle oublia. Un jour peut-être."
Et encore, je vous ai écrit ça au passé simple/imparfait, mais je ne suis sûr que ce ne soit pas du présent ou pire, du passé composé!
A propos, faites-moi penser à vous parler de ma lecture de "Ne le dis à personne" de Harlan Coben.
Mise à jour en forme de disclaimer: cette note fait couler beaucoup d'encre sur vos écrans (désolé pour eux). Je tiens cependant à préciser que cette critique s'appuie sur mon expérience honnête de lecture et qu'elle ne vise pas du tout à critiquer le succès commercial en soi (pour le coup je m'enorgueillis de ne pas faire partie des ayatollahs de la séparation absolue entre les oeuvres dites 'd'auteur' et celles dites 'commerciales'!!) Surtout, ayant plusieurs fois eu l'occasion de le voir en interview, j'apprécie beaucoup Marc Levy que je trouve très sympathique et libre de parole. Comme disait Beaumarchais, "Sans la liberté de blâmer, il n'est point de blâme", hein!
12:05 Publié dans Chroniques culturelles | Lien permanent | Commentaires (68) | Trackbacks (2) | Envoyer cette note
31 juillet 2006
Le plus grand groupe du monde
Vendredi soir, nous étions deux fans, deux vieux fans des Rolling Stones, deux vieux fans de moins de trente ans, mais qui éprouvent néanmoins la nostalgie joyeuse de cet âge d'or de la musique, ce sentiment que le film "Almost famous" réussit bien à faire ressentir.
On était installé exactement au bout du rail, au milieu/devant de la pelouse du stade de France. Quand la scène s'est détachée et a suivi le rail jusqu'à nous, et qu'on a vu et entendu à moins de 3 mètres les Stones jouer Start me up, Miss you, Rough Justice et Honky Tonk Women... C'était fou.
Quand As tears go by et Streets of love ont été jouées, Keith à la guitare 12 cordes, c'était fou.
Quand Tumbling Dice a été aussi réussie, c'était fou.
Quand Satisfaction est parti, c'était vous savez quoi? la folie.
Quand un stade entier rend un hommage de 10 minutes à Keith Richards, c'est fou.
Quand j'ai chanté toutes les chansons (au grand dam de certains voisins, qui auraient peut-être préféré Mick), c'était fou.
Mais le moment le plus extraordinaire, ces secondes où tout bascule et où on sait qu'on vit un moment indescriptible, réservé à ceux présents, où les larmes en viennent aux yeux et où le bas du dos frissonne parce qu'on se retrouve pour un instant face à un Absolu, un peu comme face à un Caravage ou l'art de la fugue de Bach, ce moment est arrivé quand la scène s'est assombrie et bleutée, Charlie Watts a commencé une longue intro erratique à la caisse claire, Mick Jagger a produit quelque note d'harmonica... Là, le temps s'est arrêté, je me suis liquiéfié, le stade entier s'est liquéfié. C'était Midnight Rambler. Et devant un stade soudain devenu hystérique, Keith Richards a enchainé l'intro mythique sur un rythme d'enfer, dans un stade noir et bleu - à ce moment-là, et même si c'est seulement à ce moment-là, les Rolling Stones sont le plus grand groupe du monde, grâce à cette chanson, en 2006 comme en 1969. J'ai compris qu'on pouvait "vénérer" des musiciens. Solos, harmonica, puis le fameux break au milieu... Mick Jagger a entretenu le suspense en laissant le stade chanter avec lui sur les gimmicks de blues, la tension est montée, montée, jusqu'à la reprise du morceau... Ces 15 minutes valaient à elles-seules tout le reste.
Désolé j'ai des bonnes photos sur mon portable, dont probablement le meilleur fond d'écran de tous les temps, mais je suis en plein déménagement donc impossible de mettre la main sur le câble qui va bien!!
11:50 Publié dans Chroniques culturelles | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rolling stones midnight rambler
28 juillet 2006
Ce soir, j'en serai

Photo: M. Richards montrant le cocotier vengeur. "Look out!"
Et vous, quels sont vos albums préférés des Stones?
Evidemment, pour moi l'âge d'or de la musique blues/rock/pop/soul étant tout ce qui conduit au climax 1967-1974 (et encore je compte large), je suis fou de ce groupe qui a su en faire une si belle synthèse grâce aux albums 67-74:
- Aftermath
- Their Satanic Majesties Request
- Beggars Banquet (le meilleur)
- Let it bleed (le meilleur)
- Get yer yaya's out (le meilleur)
- Sticky Fingers (le meilleur)
- Exile on Main Street (le meilleur)
- Goat's Head Soup
- It's only rock'n'roll
Bon. En même temps j'ai tous les albums plus quelques inédits et bootlegs, et j'avoue aussi aimer quelques albums honteux (notamment Emotional rescue, la chanson titre est énorme, quelle autodérision)...
Vous avez commencé avec quoi? Moi le 1er que j'ai acheté était "Flashpoint", en K7 audio - et à l'époque je ne savais même pas ce qu'était un "live", c'est vous dire.. Ensuite j'ai acheté "Hot rocks", bien sûr... j'ai encore la K7 dans ma voiture, évidemment! Si vous voyez quelqu'un au feu rouge chanter à tue-tête "I tell you love, baby, is just a kiss away, is just a kiss away yeah...", euh, ce doit être moi! (ou Mick Jagger)
10:10 Publié dans Chroniques culturelles | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
21 juin 2006
Les chants désespérés sont les chants les plus beaux...
...Et j'en connais d'immortels qui sont de purs sanglots...
Avez-vous déjà ressenti le vertige délicieux qu'on éprouve en marchant avec de la musique dans les oreilles? Le monde qui n'existe plus que pour son désir narcissique intérieur, tout-puissant? La démarche erratique et les mains saccadées, au rythme des visions mentales qui naissent lorsque le corps et l'esprit entiers vivent dans le morceau?
Je ne peux écouter bien la musique que debout.
Debout dans la rue - au point que je préfère marcher plutôt que de prendre le métro ou les escaliers roulants. Sinon debout chez moi, debout dans le salon, loin des regards, libre de me démener. Parmi les sensations les plus obsédantes, celle-ci: je pilote dans un vaste tourbillon, mélange de tunnel et de paysages, proche de la fin de "2001, l'odyssée...", avec un sentiment d'urgence extrême et de mélancolie envers des personnes de mes vies passées, présentes ou rêvées, qui parfois sont là et m'accompagnent, ou me suivent; la sensation ressentie est celle de l'instant où j'arrive au bout du tourbillon, comme à la fin d'un compte à rebours, et où je fais un demi-tour à une vitesse dépassant mon imagination, dérapage qui provoque donc le vertige, le monde extérieur défile comme au ralenti. Presque une syncope...
Et cette ivresse m'emporte sans distinction de musique (à part le mauvais bal musette et le mauvais r'n'b j'écoute tout), mais juste soudain, sur une note, une mesure ou un coup de batterie précis...
Quelques exemples parmi des centaines: les 2 coups de caisses claires qui terminent l'ouverture et lancent le rythme de "Gimmie Shelter", des Stones; le moment où la cymbale principale reprend en accompagnant la révélation du thème complet à la fin de "Crispy bacon" de Laurent Garnier, version Neptunus; une seule note très précise vers la fin du solo de "Sultans of Swing" (live sur Alchemy) des Dire Straits; le basculement dans "Polytheme man", sur Abbey Road; le départ du solo de "I heard it through the grapevine" des Creedence; l'ouverture de Don Giovanni et de la Flûte enchantée; la rythmique qui suit l'ouverture de Tommy, des Who; la longue phrase de la fin du premier air des variations Goldberg de Bach dans la version que Glen Gould enregistre en 1981; le break qui introduit le deuxième thème de "Pulsar Glitch" de Total Eclipse; l'attaque de "Moneyrunner" de Quincy Jones; l'accélération brutale dans la 2e partie de "Walking in space" sur la comédie musicale "Hair" (pas le film); la longue "remontée" des violons entre les deux parties chantées du dernier mouvement de la 9e de Beethoven; l’alternance entre les "I know" et la grosse caisse au milieu du "Ain’t no sunshine" de Bill Withers; le refrain de "A Rose for Emily" des Zombies; la transition au refrain de "Lady Stardust" de Bowie, notamment en version piano seul; "la "déchirure" au début de "la jeune fille et la mort" de Schubert; les attaques de "Stop dragging around" de Lenny Kravitz, "Dans ton lit" de Téléphone, "Dead" des Pixies, "Long way to the top" d’ACDC, "The fly" de U2, "Judy blue eyes" de Crosby, Stills & Nash, "Somebody to love" de Jefferson Airplane, ou encore le coda de la symphonie Jupiter de Mozart, etc. etc. Et aussi "U got 2 let the music" de Capella et plein comme ça, parce qu’on a tous des plaisirs inavoués.
Pff… Plus j’y pense plus j’en trouve, c’est terrible...
Et vous ?
14:50 Publié dans Chroniques culturelles | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
13 juin 2006
Bac Philo 2006 : les corrigés officiels de l'EducNat
Cela a-t-il un sens de vouloir échapper au temps ?
Depuis la nuit des temps, les hommes ont toujours cherché à échapper au temps. Or le temps c’est de l’argent et l’argent c’est mal. Le sens d’échapper au temps c’est donc échapper au mal. Par exemple, le patron assassin qui prend perpette ne peut échapper au temps, lui il a le sens sur les mains.
Peut-on juger objectivement de la valeur d'une culture?
Depuis la nuit des temps, les hommes ont toujours cherché à imposer leur culture aux autres par la tyrannie, l’intolérance et l’ignorance. Heureusement, l’invention de la lumière a permis d’apercevoir le sein de la liberté qui guide le peuple. Grâce à la démocratie, toutes les cultures se valent et ce n’est pas bien de juger, d’ailleurs il faut dire cultures et pas culture et j’adore Vincent Delerm il m’a aidé à réviser.
L'expérience peut-elle démontrer quelque chose?
Depuis la nuit des temps, les hommes ont eu des expériences. Ils sont tous morts. L’expérience démontre que les hommes meurent.
N'avons-nous des devoirs qu'envers autrui ?
Depuis la nuit des temps, les hommes ont toujours cru qu’ils n’avaient des devoirs qu’envers autrui. Mais ils ont découvert qu’il y avait aussi les cochons et les porcs.
Quel besoin avons-nous de chercher la vérité?
Pff, c’est vrai ça. En même temps quand on a la vessie pleine, on est bien obligé.
Faut-il préférer le bonheur à la vérité ?
Depuis la nuit des temps, les hommes ont cherché la vérité afin de trouver le bonheur. Grâce au crédit 3 %, ils peuvent acheter leur bonheur afin de trouver leur vérité.
16:15 Publié dans Chroniques culturelles | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
11 avril 2006
En passant...
A nouveau toutes mes excuses à mes chers lecteurs, mon boulot d'un côté et mes préparatifs de l'autre m'occupent l'esprit, bien plus d'ailleurs qu'ils ne m'occupent mon temps. Je continue à publier des notes au fil de mon cerveau!
Après avoir fini le magnifique Consul honoraire de Graham Greene, j'ai enfin commencé hier Les enfants du plastique, premier roman de Thomas Clément, que j'ai acheté comme un grand sur Amazon en même temps que des DVD de séries B (B comme bradés).
3 mots pour décrire ce bouquin : divertissant, jouissif et mélancolique. Je l'ai quasiment fini, il se lit très facilement.
La plupart du temps j'ai du mal avec le style d'écriture "moderne" (temps présent, phrases pets sans verbe, ton descriptif uniforme, etc.) mais ici je me suis aisément laissé prendre. La satire est amusante. Et j'aime beaucoup les citations en exergue des parties (en particulier celle de la superglue de Henkel)...
Le blog de l'auteur (que je ne connais pas, je tiens à le préciser, ce n'est pas du copinage): ici.
J'ajoute que ce livre me fait le même genre d'effet que le film Almost Famous, de Cameron Crowe : l'envie de se replonger avec bonheur dans les sillons des années magiques 1967-1974.
J'enchaîne sur un bouquin chaudement recommandé par un ami, Middlesex, d'un certain Eugenides. Et j'ai vu qu'on avait publié un nouveau Wodehouse inédit (comme chaque année!) A suivre..
15:10 Publié dans Chroniques culturelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour
31 mars 2006
POILOTHON 18
Quel film??
"The Party" de Blake Edwards.
Pour Peter Sellers, bien sûr; des scènes inégalées de génie comique.
Film de Blake Edwards, je dois avouer que je préfère "The return of the Pink Panther" et "The Pink Panther strikes back"...
Souvent le reproche que je fais à Blake Edwards, en particulier dans les films The Party, Victor Victoria ou Breakfast at Tiffany's, c'est un manque de rythme, un sentiment d'abandon de ses acteurs. D'où des longueurs parfois. Il faudrait que je développe, que je revoie, que je m'inprègne, bien sûr, mais c'est un peu mon sentiment...
18:25 Publié dans Chroniques culturelles | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour
POILOTHON 19
Quel film??
La "folle journée de Ferris Bueller" avec Mathew Broderick, bien sûr. Bon en même temps, c'est pas non plus la mailleure comédie de tous les temps, hein, pas déconner.
18:25 Publié dans Chroniques culturelles | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour
POILOTHON 16
C'est le week-end déjà!...
Je sais, je publie peu ces derniers temps, à part mes considérations sur des films fondateurs; mais je suis en plein dans les derniers préparatifs de mon mariage, hé hé hé (comme quoi tout arrive...) Il ne reste plus qu'à empêcher toute fuite intempestive de la promise (truc: mettre du bromure dans les fleurs). Sans parler de mon boulot qui se met en mode "urgence" au mauvais moment (fameuse règle de l'emmerdement maximum, comme celle qui veut que "toute photocopieuse laissée sans surveillance entre en bourrage").
Quel film??
Billy Wilder's "Certains l'aiment chaud"... Ah..
18:20 Publié dans Chroniques culturelles | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour
POILOTHON 17
Quel film??
"Guerre et Amour" de Woody Allen ("Love and Death"), en 1976 je crois. Un de mes préférés, truffé de clins d'oeil au cinéma et à la littérature...
18:20 Publié dans Chroniques culturelles | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour
28 mars 2006
POILOTHON 15
Quel film ??
Mise à jour: un roman d'Antoine Blondin, des dialogues de Michel Audiard, un film d'Henri Verneuil, Jean Gabin, Jean-Paul Belmondo. Pfiou... "Un singe en hiver" (1962), ce film vous fait littéralement rire aux larmes tellement il est drôle, douloureux, nostalgique et beau. L'histoire est simple, les personnages bouleversants, les valeurs sont fortes, la chère est bonne et l'alcool romantique, le tout couronné de panache, de dignité et de franchise : pour moi il y a dans ce film tout ce que j'adore du grand cinéma populaire français.
- Ah parce que tu mélanges tout ça, toi ! Mon espagnol, comme tu dis, et le père Bardasse. Les Grands Ducs et les boit-sans-soif.
- Les grands ducs...
- Oui monsieur, les princes de la cuite, les seigneurs, ceux avec qui tu buvais le coup dans le temps et qu'on toujours fait verre à part. Dis-toi bien que tes clients et toi, ils vous laissent à vos putasseries, les seigneurs. Ils sont à cent mille verres de vous. Eux, ils tutoient les anges !
- Excuse-moi mais nous autres, on est encore capable de tenir le litre sans se prendre pour Dieu le Père.
- Mais c'est bien ce que je vous reproche. Vous avez le vin petit et la cuite mesquine.
19:35 Publié dans Chroniques culturelles | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour
POILOTHON 14
Quel film ??
Mise à jour: un autre film-culte de mon enfance... "The general" ("le mécano de la General")(1927) de Buster Keaton, acteur tellement incroyable, fauché par l'apparition du cinéma parlant (ses rôles dans "Sunset boulevard" et "les feux de la rampe" sont poignants)...
On devrait toujours revoir Buster Keaton! Ici en petit mécano qui part pour sauver sa belle à bord de la loco, en bravant le feu nordiste.
19:25 Publié dans Chroniques culturelles | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour
POILOTHON 13
Quel film ??
Mise à jour: un des films-culte de mon enfance, le "Silent movie" ("La dernière folie de Mel Brooks")(1976), film que je surnommais le "film des bêtises" étant petit (oui, bon ça va..), ne restera sans doute pas comme la comédie la plus fine, mais quand même, beaucoup de choses attachantes; peut-être est-ce avec "Life stinks" un des meilleurs Mel Brooks après tout (revoyez-le et revoyez "la folle histoire de l'espace" pour vous en convaincre, gloups..) - le défilé de stars au casting est hallucinant, et plusieurs scènes sont vraiment bonnes (la chorégraphie des vieux à l'hôpital avec leurs déambulateurs, etc.)
Bien entendu, la seule parole du film, c'est "OUI !" (en V.O.), prononcée par le mime Marceau.
19:15 Publié dans Chroniques culturelles | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour
POILOTHON 12
Quel film ??
Mise à jour: "Clerks" (1994), un film composé de petits chapitres, et de discussions interminables, à prendre et à laisser, mais beaucoup de bon voire de très bon. Film qui gagne à être revu (je ne verrai plus jamais un mort dans des WC de la même façon; en même temps, en ai-je déjà vu d'une autre façon? hmm..)
Une pépite bizzarroïde et bien rigolote du cinéma réputé indépendant américain (qui par ailleurs est souvent en-deça de sa réputation, enfin, hein, c'est mon opinion et je la partage)
19:05 Publié dans Chroniques culturelles |

