30 avril 2008

Merci Môman Gouvernement

acf8ef77403e6356258d4a175d012415.gifMais au fait, connaissez-vous quelqu'un qui soit déjà allé sur le site www.mangerbouger.fr ?

12:30 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

14 mars 2008

Visiteur unique qui arrive ici par Google, toi aussi tu t'es fait arnaquer (*)

3bdbf2a60f8d651ae8c7724ef66e060f.jpegNous devisions gaiement entre macaques, au bureau, et le sujet du jour était: les plus belles arnaques. Connaissez-vous celle-ci, qui ressemble fort à une légende urbaine mais qui est de loin ma préférée?

C'est en Australie (détail dont je n'ai jamais compris l'importance - ce doit être le détail mnémotechnique, toute bonne légende urbaine en a un..)
Des petites annonces proposent la vente de films pornos et autres matériels contondants et ligotant de sex-shops, à des prix de nature à faire lever l'oreille au plus endurci des lecteurs. Les commandes affluent accompagnées du réglement (chèque ou liquide, c'est selon).
Plusieurs semaines passent, pas de nouvelle, et voilà que tous les clients reçoivent par la poste une lettre de la société vendeuse, s'excusant de l'impossibilité d'honorer la commande et par là même les fantasmes de clients désormais frustrés. Bien évidemment, un chèque de remboursement est joint, donc tout va bien. Et pourtant.
Le nom de la société émettrice était en substance "Sado-maso, Sodomie et Petites Culottes Rhââah, S.A.R.L.". Seuls 15% des clients allèrent encaisser le chèque...
Moi je pense que j'aurais simplement changé de banque. Pas vous?


(*) mise en abyme de génie, mouhahahaha.
PS: elle est bien la photo hein? C'est la seule raison décente de voir le film
Transformers.

15:55 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

07 mars 2008

Métaphysique (et casse toi)

30c89a43c63343ee5fcc602866bc01f4.jpg

Qu'est-ce qui aurait le plus de conséquence dans votre vie: avoir la preuve certaine que Dieu existe, ou celle qu'il n'existe pas?

A titre personnel, clairement ce serait celle qu'il existe. Non pas tellement que j'en doute (j'ai toujours fait mienne la phrase de Cioran, "Si Dieu existe, Bach en serait la preuve" - je serais tenté d'y ajouter les Stones, Caravage et un bon Bourgogne), mais en avoir la preuve, imaginez! Abyssal...

Evidemment, on serait tenté de répondre que tout dépend de sa foi ou de son intuition initiale - selon que l'on est indifférent, agnostique, athée/croyant (pour les classer du plus commode au plus "grand pari", comme dit Delanoé). Mais il me semble que le changement de perspective le plus dramatique intervient si la réponse choisie est celle de son propre "camp". Un athée ou un croyant, respectivement, qui aurait la preuve de son acte de foi, ne serait-il pas profondément bouleversé, voire cafardeux? L'agnostique demandera des références à appeler et qu'on lui épelle Dieu. Quant à l'indifférent, il reprendra un paquet de nouilles en promo pour fêter ça.

Pour parodier Sex & The City et les très profondes chroniques de Carrie Bradshaw, dont je regarde enfin les aventures (oui oui, je date), "...dans un monde où Dieu, et les orgasmes, ne sont jamais certains, le fait de se poser la question, et d'avoir un gode, ne constituent-ils pas des débuts de réponse?..."

13:10 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note

19 novembre 2007

Un peu de mauvais esprit (protège des caries)

2daf140d41954e9dfcb370c19e120e0a.jpgIl y a en ce moment au Palais du Luxembourg une exposition consacrée à Arcimboldo. Vous connaissez l'adage: "Palais du Luxembourg à Paris, Expos Toujours Bondées et Pourries". Je me suis donc bien gardé d'y mettre les pieds.
Pauvre Arcimboldo.
Non mais c'est vrai, tout d'un coup on voit des foules se presser comme un seul snob pour (mal) voir les fameux portraits des 4 saisons -- ces mêmes tableaux qui jusqu'à maintenant croupissaient tous seuls au milieu de la grande galerie du Louvre sans que personne daigne venir les voir, et pour moins cher en plus!...

Etonnant, cet emballement contraint pour les expositions temporaires. Snobisme? Mystère du battage médiatique? Oisiveté métaphysique à combler? Sentiment de culpabilité collective des anciennes "élites" envers l'art et sa transmission? Curiosité nulle?

C'est toujours une torture de subir les péroraisons à voix (volontairement très) haute des visiteurs qui s'enseignent les uns les autres, un peu comme des petits hamsters expérimentés ("Alors ça ici, c'est ce qu'on appelle une roue en plastique. Ca tourne.")
Dans ces cas-là, une solution simple est le dynamitage dialectique à l'aide d'un faire-valoir. J'adore faire ça (ma femme beaucoup moins). Après quelques "Matisse c'est décidément à chier", "Hé, écoute celle-là: Thames is Monet! ha, elle est bonne! Monet Monet Monet, lalaa..""A ton avis, c'est juste parce que c'est des portraits qu'Arcimboldo ne peint pas de banane?" bien sentis, les badauds s'éloignent de vous avec dédain en vous laissant libre devant votre tableau.

Sinon, j'aime les gens.

16:50 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note

12 novembre 2007

Et vous, c'est quoi votre meilleur souvenir d'homicide?

8584bf64cacb6a99401501a43033439c.jpgJ'ai encore tué quelqu'un aujourd'hui.

Je voudrais bien arrêter mais c'est plus fort que moi, ils tombent autour de moi comme de l'enduit mal posé. La vie à Paris a ceci de sympathique qu'elle est régulièrement rythmée par les meurtres que l'on y commet. Vous allez me dire, je ne connais pas le taux de criminalité des autres villes; je sais que celui de Nice est assez élevé aussi (j'y ai pris ma part).

Aujourd'hui, en sortant d'une boulangerie, une grosse femme devant moi est entrée en collision avec un adolescent pressé.  "Surtout t'excuse pas!", la menaça l'aigre pubère dans un mouvement d'écouteurs.
La femme eût pu lui faire valoir qu'au contraire il aurait pu plus mal tomber, sans regarder où il allait, alors que là il s'était cogné sur un propice airbag. En somme, qu'il avait eu de la chance!
Mais non. De surprise, elle lui exprima vertement son refus d'obtempérer.
Et là, vous savez ce qu'il a fait ce merdeux? Il lui a craché à la gueule! Il lui a balancé sa salive sur la face sans même quitter son ipod! Dire que si ça se trouve on écoute la même chose. Demain j'arrête Tokyo Hotel.
Petit, si tu me lis, moi et mes amis on va te cerner dans un KFC et on vendra tes organes un par un aux enchères. Qu'au moins tu serves.

L'autre fois, j'attendais quelqu'un au bord d'un large trottoir, et c'est un vieillard, le genre de résidu nuisible d'une lignée sans souci, qui sans un mot m'a pris par l'épaule et jeté du trottoir, pour passer.
J'ai couru après lui pour le faire trébucher face contre terre et je lui ai fait un massage cardiaque par le dos, au talon.

Et vous, c'est quoi votre meilleur souvenir d'homicide?

23:45 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note

19 octobre 2007

TROT OUARS

Episode 4
Un nouvel espoir

2c6ba257d02b8907103b91ede34a5679.jpgLe gris tombe sur la capital parisienne. Harry se presse sur le trottoir bondé. Derrière lui retentit une sonnette irritée accompagnée d'un bruit de roue au ralenti. Sûrement un de ces enfoirés de vélos en libre service, pense Harry en serrant les poings. La rue est à sens unique ; mais pour passer à tout prix, les cyclistes montent avec mépris sur le trottoir, jetant les minorités urbaines dans le caniveau à coups de chaînes de sécurité. Certains placent même leur chien à la proue du vélo, dans le panier, pour impressionner les passants bancales.

Harry laisse monter en lui la colère et la haine, comme chaque fois avec une jouissance infinie. La rage se répand dans ses veines, il est colère, il hait, il hait, il hait, sâââââ!!!! C'est le moment, vite, monter sa baguette, et hop! Harry se retourne et lance la formule magique : "Va chias, connarus!!!" Aussitôt, dans un bruit de gargouillis, le cycliste hautain se répand en vieilles merdes au sol, "Giââârgh prrrrrrtpffff". Harry baisse ensuite sa braguette et lance : "Spero pipi!!" Pschhhhhh, une petit fumée s'élève là où précédemment tout n'était que morgue et mépris.

Les badauds accourent, "Regardez, là-bas, c'est Dirty Harry!! Hourra Dirty Harry, le vrai héros de Paris!!"
"Vos gueules, connards", répond le frêle petit garçon à lunettes, la tête de sa chouette empaillée épinglée à l'épaule, en s'éloignant au loin dans le soleil caché de Paris.

DIRTY HARRY POTTER
Il est sorcier et il vous emmerde
34cf38ee6f6837807e35e030c6e8a313.jpg

Au bout de la rue, déguisé en vieux clochard, Subverman n'a rien perdu de la scène. "Je t'aurai un jour, Dirty Harry, je le jure".

A suivre.

13:35 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

05 juillet 2006

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste encore à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux" (Jules Renard)

medium_sondage-livres.GIFPetit sondage réalisé ces derniers jours.

Juste une remarque pour vous faire peur:
vous vous rendez compte que si vous lisez 4 livres par mois, soit 1 livre par semaine, 52 livres par an, en 50 ans vous aurez lu 2600 livres?

Combien de livres référencés chez Amazon? Et à la bibliothèque d'Alexandrie? Et chez vous? 

Brrrr....


PS: je viens de finir "Vol au-dessus d'un lit de cocus", qui rejoint illico mon top10 des meilleurs San Antonio.

16:00 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

02 juin 2006

Le marketing pour les connes

Qui utilise l'expression "c'est complètement oui" pour dire "c'est cool" ? (sic)
Qui est capable de quitter une table de déjeuner et de bouder 3 semaines pour une remarque sur sa coupe de cheveux? (sic)
Une marketeuse, bien sûr.

Ca me fait penser:
c'était en octobre 2003, une de mes amies m'a fait suivre ce petit bijou qu'elle avait reçu. Je pense qu'il y a aujourd'hui prescription (en même temps je ne fais que citer, hein, quelque part c'est même de la pub! sinon aïe, je vais me faire censurer à coup d'anti-cellulite). Vous allez voir, c'est onctueux comme un dossier "tendances" de A nous Paris.

medium_hippiesmoke.jpgExplo-créateur de nouveaux mondes de qualité, proâme invente et incarne la matière première des rêves de demain. Une dynamique éthique et esthétique propice à une conduite harmonieuse du changement.
Proâme a le plaisir de vous informer de son actualité « marketing de l’attachement » autour du concept psychanalytique du « Moi-Peau » inventé par Didier Anzieu qui devrait faire tilt pour vous.
Nous souhaiterions vous rencontrer pour vous présenter notre activité de prospective déclics autour de ce concept « attachant ».

Après 2 ans de recherche prospective sur les savoirs de la peau, proâme vous propose le marketing de l’attachement et un cahier d’idées sur le « le Moi-Peau » : la marque-peau, les messages peaux-aime, le code sensible des socio-êtres.

Si l’éthique, les émotions et la relation sont au cœur des enjeux des marques, le Moi-Peau est un extraordinaire levier.
En s’interrogeant sur la peau comment ça marche ? on apprend ce qui est vital et essentiel pour l’homme : l’intégrité, l’émotion vraie et le contact avec le sentiment (la relation attachante).

Le marketing de l’attachement nous enseigne comment toucher droit au cœur les individus par la voie profonde du ressenti pour se les attacher durablement ? C’est cette voie du ressenti et de l’attachement profond (toutes les formes d’amour) que je vous propose d’explo-créer : « tout un peau aime ».

Pour votre première information, la prospective déclics de proâme oriente et construit le futur autour de nouveaux concepts, idées et projets ainsi que de nouveaux produits, services et expressions. Elle s'articule autour de 3 lab. de prospective, sas d’explo-création (intuitions / idées / actions) :

medium_weed.jpgVisio-lab : capter les émergences et choisir les stratégies du futur. Une activité de recherche fondamentale en prospective continue déconnectée de toutes opportunités ou demandes. C’est l’éthique proâme. Pas de prospective appliquée sans intégrité.

Socio-lab : filtrer les émergences par spéculations de valeur, déclinaisons et traductions. Pas d’innovations sans applications sociales. Pas de produits sans conditions humaines.

Poetic-lab : incarner la matière première prospective en termes d’expressions (messages) et d’applications possibles (prototypes et projets). Une activité propre à proâme ou partagée en co-création avec des nouveaux créateurs culturels : artistes, designers, prospectivistes créatif, etc. Pas de produits sans poésie !


Moi, devant ça, je m'agenouille.

11:55 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

18 mai 2006

Brave new world

« Le centralisme fasciste n’a jamais réussi à faire ce qu’a fait le centralisme de la société de consommation. Le fascisme proposait un modèle, réactionnaire et monumental, qui est toutefois resté lettre morte. Les différentes cultures particulières (paysanne, prolétaire, ouvrière) ont continué à se conformer à leurs propres modèles antiques : la répression se limitait à obtenir des paysans, des prolétaires ou des ouvriers leur adhésion verbale. Aujourd’hui, en revanche, l’adhésion aux modèles imposés par le Centre est totale et sans conditions. Les modèles culturels réels sont reniés. L’abjuration est accomplie. On peut donc affirmer que la « tolérance » de l’idéologie hédoniste, défendue par le nouveau pouvoir, est la plus terrible des répressions de l’histoire humaine. Comment a-t-on pu exercer pareille répression ? A partir de deux révolutions, à l’intérieur de l’organisation bourgeoise : la révolution des infrastructures et la révolution du système des informations. Les routes, la motorisation, etc. ont désormais uni étroitement la périphérie au Centre en abolissant toute distance matérielle. Mais la révolution du système des informations a été plus radicale encore et décisive. Via la télévision, le Centre a assimilé, sur son modèle, le pays entier, ce pays qui était si contrasté et riche de cultures originales. Une œuvre d’homologation, destructrice de toute authenticité, a commencé. Le Centre a imposé - comme je disais - ses modèles : ces modèles sont ceux voulus par la nouvelle industrialisation, qui ne se contente plus de « l’homme-consommateur », mais qui prétend que les idéologies différentes de l’idéologie hédoniste de la consommation ne sont plus concevables. Un hédonisme néo-laïc, aveugle et oublieux de toutes les valeurs humanistes, aveugle et étranger aux sciences humaines. »

Pier Paolo Pasolini, 1974

12:05 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

08 mars 2006

Le monde comme volonté et comme représentation ascenseurielle de la tolérance

Chaque fois que je prends l'ascenseur, je pense à la définition du mot "tolérance".
En retard au bureau, 300 secondes à attendre le "Ting" au rez-de-chaussée de la tour, on laisse sortir les vingt touristes qui dormaient dedans (c’est vrai, merde, il est 16h23 un mardi)
-- je monte enfin dans l'appareil, j'appuie sur mon bouton "11", et la petite torture commence. J’en boufferais mon écharpe (j’arrive du dehors, j’ai trop chaud j’ai couru, réunion à 16h). A chaque étage, la tension monte d’un cran alors que les portes s’ouvrent et que montent des troupeaux de larges mais courtes génisses, suivies par des bancs de veaux qui empestent le café (et la passion de la cuisine). Bien sûr, ils demandent qu’on appuie pour eux, ces nabots, et bien sûr, c’est le bouton de l'étage immédiatement supérieur!
Le pire n'est pas leur air fat (ces fâcheux n'y peuvent rien), ni leur surprise quand je relâche le bouton d’ouverture des portes (afin qu’ils se fassent presser du jus de cul), mais c'est ce regard amène, voire engageant, quand ils lancent un "Bonjour!" répugnant à la cantonade serrée contre les parois (désormais odorantes) de l'ascenseur. L'engin se remet en mouvement vertical. Espoir ; cassé dans son élan, on s’arrête et les portes s’ouvrent à nouveau. Rogtudu. Quatre dindons croisent deux pigeons (mouvement de la tête caractéristique) ; c’est l’effusion, les plumes volent.
A ce moment précis, mon cinéma intérieur fait défiler la scène du pal de Cannibal Holocaust. Mais je manque de pratique - et de pieu.
A la place, je me raisonne : n’est-ce pas cela, que l’on nomme "tolérance" ?
L’ascenseur, c’est la société, tout le monde ne peut se plier à ma volonté narcissique de domination phallique (je suis au 11ème étage, après tout), je suis donc obligé de les tolérer. "Le bois, c’est moi, le fer, c’est les autres", comme disait Tiger Woods.


Après cette belle fable que je dédie à Platoon, le philosophe de Saigon, je vous convie à un nouveau jeu : le Poilothon. Attention, jeu de rapidité : il faudra trouver un film et en donner un dialogue, tout cela à partir d’une photo. Rendez-vous demain matin.

17:30 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour

02 février 2006

Notes jetées à la manière limpide et nuancée d'un powerpoint profond

Note pour plus tard, à mettre en forme pour le cas où je voudrais un jour ouvrir un blog sérieux
(attention, encore confus et mal agencé, note qui risque de me faire passer pour snob et/ou ronchon, la parsemer de blagues pour la rendre anecdotique et méprisable aux yeux des gens trop sérieux, par exemple grâce à quelques mots d'esprit irrésistibles, comme bite au cul ou arlette chabot)

Parler de la valeur accordée au "premier arrivant" dans le discours "moderniste" ("c'est génial parce que c'est nouveau, ça n'a jamais été fait avant"), alors que souvent cette valeur est juste attribuée par ignorance des références de culture générale et/ou de culture pop (plein d'exemples en tête : à trier et vérifier sinon les commentaires me tueront)

Dans l'art contemporain depuis dada, ce fanzine étudiant qui a mieux réussi que ceux qu'on vend à st-michel), expliquer que :
- la valeur des dada et suivant vient du fait qu'il sont les "premiers à" (à avoir exposé une pissotière, à avoir gribouillé des blagues, etc.)
- problème de l'art contemporain = toujours réinventer l'eau tiède depuis la pissotière (pas mal, insérer blague?)
- la transgression est lassante et le laid répétitif (cf on s'emmerde en lisant un Sade en entier, n'en déplaise à Breton (le ministre des finances surréalistes))

Dans la micro-comédie humaine que sont les blogs et les nouveaux média => la valeur = la primeur, et celle-ci fige le positionnement de l'auteur, par ex.:
- la 1ère million-dollar page
- le 1er blog de cuisine
- le 1er blog d'avocat
- le 1er blog d'entrepreneur
- le 1er blog homo
- le 1er blog d'homme politique
- le 1er blog con
- le 1er blog d'entrepreneur politique homo avocat cuisinier millionnaire con
- et aussi: le 1er blog de boucher chevalin halal (donne son avis sur l'équitation des filles voilées au Danemark), le 1er blog réellement écrit par un panda en voie de disparition (problème de la souris), le 1er blog d'un chinois en prison à cause de son blog (mise en abyme, peut passer en page 3 du Monde), etc. (ne pas oublier le 'etc.')

=> il faut maintenir son positionnement, seul à même de se faire un nom (cf César qui a dû presser des merdes ad vitam, Cristo et ses emballages pourris, Klein et son bleu qui tache, Rothko et ses bandes verticales, etc..)
- Les "me too" pullulent mais sont anecdotiques => fascinant et drôle (à défaut de pleurer) = les "parasites-vulgarisateurs" qui prospèrent grâce au manque de jugement/culture du grand public (musique, films, débiteurs d'opinions, vendeurs de soupe, etc.) (ne jamais oublier le 'etc.')

A développer + finir par une blague fondatrice (celle des canards qui entrent dans une mare, "Coin coin" dit l'un, et l'autre s'arrête dégoûté "et merde c'est ce que j'allais dire!")

19:20 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour

Vanitas vanitatis

Un cours fabuleux d'un professeur dévoué: entre 1 et 50 auditeurs
Une note publiée sur un blog: entre 10 et 1 000 lecteurs
Un premier roman: entre 200 et 2 000 lecteurs
Un article de magazine: entre 20 000 et 100 000 lecteurs
Un article de quotidien: entre 50 000 et 500 000 lecteurs

Le moindre téléfilm pourri: 10 000 000 de téléspectateurs.
"Vider la mer avec une cuiller".
Le cercle vertueux vers le débat citoyen et la pensée réflexive contre l'opinion spontanée est... une belle idée.

13:10 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour

30 janvier 2006

La satiété du spectacle

Tiens! j'ai retrouvé dans un vieux portefeuille ce texte, que j'avais recopié d'une bande dessinée (sic) de l'Internationale Situationniste vue à l'expo "Les années Pop" à Beaubourg, il y a quelques années. Les bulles contenaient les phrases entre "/".

medium_internat-situ.jpg"La Révolution prolétarienne est entièrement suspendue à cette nécessité / que pour la première fois c'est la théorie / en tant qu'intelligence de la pratique humaine / qui doit être reconnue et vécue par les masses./ Elle exige que les ouvriers deviennent dialecticiens et inscrivent leur pensée dans la pratique; / ainsi elle demande aux hommes sans qualité / bien plus que la Révolution bourgeoise ne demandait aux hommes qualifiés qu'elle déléguait à sa mise en oeuvre : car la conscience idéologique partielle édifiée par une partie de la classe bourgeoise / avait pour base cette partie centrale de la vie, l'économie / dans laquelle cette classe était déjà au pouvoir. / Le développement même de la société de classes / jusqu'à l'organisation même de la non-vie mène donc le projet révolutionnaire / à devenir visiblement ce qu'il était déjà essentiellement."
(Raoul Vaneigem, dessins de Gérard Joannes, 1967)

- Je crois qu'une des clés de notre époque, c'est la perte de sens du mot "ridicule". Voir aussi le film exceptionnel "La chinoise" de Godard, Jean-Luc.
Pour aller plus loin (c'est drôle comme un mode d'emploi d'oeuvre d'art contemporain.)

19:35 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour

09 janvier 2006

CONGESTION de TROLLS (j'en suis fier de celle-là, ndlr)

Je viens de rencontrer pire que les contrôleurs de gestion.
Les consultants en contrôle de gestion.
Ca parle davantage et c'est laid.







J'ai eu une vision : donner la mort au moyen d'ultra sons:
Twiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiaaaaaargh
...SBLAAM! (bruit de la face qui s'affale sur la table de réunion après s'être empalée sur le stylo qui prenait des notes)


Mise au point: parfois, l'envie me prend de supprimer des gens, surtout quand je manque de sommeil et/ou de petites pilules prescrites par mon facilitateur en blouse blanche qui est très gentil avec moi mais un peu sévère quand je me fais saigner moi-même avec les fourchettes en plastique du réfectoire.
Hein ? Ca vous arrive jamais, ça? Le conducteur qui vous roule dessus au passage piéton, lui coincer le crâne sur son rétro et l'éclater avec sa portière jusqu'à ce que son 4x4 ne soit plus qu'un quatre-quart, hein, hein ??! Et la mamie qui vous fait une remarque parce que vous bouffez à côté d'elle dans le métro, faire levier sur une barre de métro bien moite et jouer à tam-tam col de fémur, hein, hein??!!! Et le sectaire du Monde qui lit l'actualité comme s'il tenait une couche-culotte sale, lui mettre un gros pet bien extrémiste dans la bouche et lui pincer le nez, hein, hein???!!  Et l'aigrie ménopausée aux cheveux bordeaux qui refoule du claque-pisse en accusant le monde entier et notamment vous devant elle dans la queue, vous asseoir sur elle avec une statue géante de Mickey en plomb, hein, hein???!! Mais je vous rassure, je ne le fais pas. A la place j'écoute 9561 fois l'introduction de Letter to Memphis des Pixies.
Ah, zut, voilà mon facilitateur qui arrive, je me déconnecte. 
Bon là je m'arrête. Si j'ai encore des lecteurs, je vous en dirai plus sur moi plus tard.

19:00 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour

13 octobre 2005

"Servilitas servilitatis. Omnia servilitas"

Je rebondis sur cette note. J'ai toujours été très amusé de voir subitement fleurir sur des blogs ici et là, des publireportages plus ou moins subtils ayant pour thème un DVD, une marque ou un film, ces appréciations émergeant en général toutes au même moment (un peu comme l'acnée ou les premiers romans), et, du moins je l'imagine, sans aucune contrepartie pour leur auteur... Au moins, les journalistes qui se comportent ainsi, on sait qu'ils sont payés!

Par exemple, étant moi même amateur averti de films d'horreur, et constatant la relative spécificité du public concerné, je me suis toujours émerveillé de cette sublime coïncidence, en forme de gros coup de bol cousu de fil blanc (l'étanchéité, bof), qui avait poussé soudain des blogueurs d'horizons tellement divers à se rendre au cinéma ou à regarder le DVD, et à en faire part gracieusement au reste du monde, comme ça, l'air de rien, comme on chasse un pet d'un fier revers du manteau...

Ca m'évoque cette maxime de Mao sur la gouverne du peuple : en substance, pour faire manger du poivre à un chat, il ne faut pas lui en donner directement, sinon son premier mouvement sera de se débattre et de griffer. Mais il suffit de saupoudrer sa litière de poivre, et le lendemain, quand il fera sa toilette, il avalera de lui-même le poivre répandu dans ses poils... 

Bon, je vous quitte, j'ai rendez-vous avec une amie rencontrée hier pour aller voir un film.

16:50 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : humour

23 septembre 2005

My bellybutton is rich

Pouah. Je sors enfin d'une période bien chargée.
Pas été trop présent dans les parages, mais bon. J'ai échappé au Fist Tuesday de mercredi (allez comprendre), en revanche ici j'ai eu du mal à tenir le rythme. J'en suis désolé et je vais essayer de reprendre les bonnes habitudes!

Sinon, j'ai découvert de nouveaux bien-pensants cette semaine, que je ne citerai évidemment pas, mais c'est toujours rigolo, et aussi je connais quelqu'un qui a dîné à côté de Salma Hayek, et aussi j'ai vu un film assez excellent, et un autre pas mal aussi (même s'il n'atteint pas celui-là), et j'ai enregistré un autre film-culte, et réécouté en boucle trois disques mythiques.

D'ailleurs ça me fait penser que pour une raison qui m'échappe, je suis toujours à contretemps des révolutions technologiques. J'ai découvert le mp3 vers 1997. La frénésie maladive de mes téléchargements étant motivée par la recherche exhaustive des principaux morceaux de l'histoire de la musique, autant que par la jouissance de la découverte, je dois bien en avoir plusieurs dizaines de milliers maintenant - et pourtant je n'ai jamais cessé d'acheter beaucoup de disques, surtout en classique, en jazz, en techno et en rock (la qualité de l'encodage mp3 est souvent très médiocre pour ces genres, je trouve), et cette propension à l'achat de disques ne fait qu'augmenter à mesure que le nombre de mes téléchargements décroît. Ah, cette sorte de nécessité d'avoir ces disques, besoin que décrit très bien Hervé.
Dans les autres domaines c'est pareil ! J'ai acheté un appareil photo numérique en 1999 en Californie, un lecteur mp3 en 2001 à cette chère et candide société française Archos, et depuis, plus rien... J'écoute mes disques bien souvent sur un discman (mon lecteur Archos est lourd et peu autonome, donc au-delà de 3 trajets en métro si je ne l'ai pas rechargé, je me rabat sur les bon vieux CD). Mon téléphone portable ne fait rien à part téléphoner et me permettre de refaire pour la 1900e fois un Megabox Contest aux chiottes. J'ai acheté mon premier magnétoscope il y a 3 ans. Et mon prochain achat hi-fi sera probablement un lecteur vinyle, pour replonger avec délices dans ma collection (ah, cet été en vacances j'ai réécouté la face B du Led Zeppelin III sur un vieux tourne-disque, c'est quand même un autre son que le piètre enregistrement que j'ai sur CD !)
Quand je pense que je n'ai pas encore 30 ans... (mouais, dans ce cas faut vraiment pas que je vous parle du gramophone de ma grand-mère retrouvé aussi cet été et dont les 78T de negro spirituals m'ont beaucoup ému)

12:25 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : humour

19 mars 2005

Au blogueur des dames

« Ah, cette presse ! Que de mal on en dit ! Il est certain que depuis une trentaine d’années elle évolue avec une rapidité extrême. Les changements sont complets et formidables. C’est l’information, qui peu à peu, en s’étalant a transformé le journalisme, tué les grands articles de discussion, tué la critique littéraire, donné chaque jour plus de place aux dépêches, aux nouvelles grandes et petites, aux procès-verbaux des reporters et des interviewers. Il s’agit d’être renseigné toute de suite.
Est-ce le journal qui a éveillé dans le public cette curiosité croissante ? Est-ce le public qui exige du journal cette indiscrétion de plus en plus prompte ?
Le fait est qu’ils s’enfièvrent l’un l’autre, que la soif de l’un s’exaspère à mesure que l’autre s’efforce, dans son intérêt, de la contenter. C’est alors que, devant cette exaltation de la vie publique, on se demande s’il y a là un bien ou un mal. Beaucoup s’inquiètent - tous les hommes de cinquante ans regrettent l’ancienne presse, plus lente et plus mesurée - et on condamne la presse actuelle. »

Emile Zola (1840-1902)

16:50 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

21 janvier 2005

Agglo Nie

Comme une mouette tricheuse prise dans une marée noire (couverte de goudron et de plumes), l'homme contemporain se fait peu à peu engluer dans l'aggloméré.

Mais il l'a bien cherché, non?

Il mange un steak haché aggloméré, entouré de fromage aggloméré. Il va bosser dans une multinationale agglomérée.
Il habite dans une agglomération.
Le soir il va s'agglomérer avec un autre de ses contemporains sur son lit en bois aggloméré, devant un programme de télévision, aggloméré également. S'il agglomère bien, il a droit à une portée de bébé (agglomérés) en laboratoire.

Et puis son billet (low-cost) pour l'éternité lui donne droit à agglomérer ses cendres dans une gourde en plastique aggloméré.

Barbara l'avait bien compris, qui chantait déjà "l'Agglo noir".

18:15 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

19 janvier 2005

L'Europe des vieux

Cette photo fabuleuse (merci à Luc)...



d'où évidemment... Faisons un rêve!
Revue de presse de l'Europe en 2050

Fait divers tragique
Des ratonnades contre des vieux se sont produites dans quelques régions d’Europe.
Une maison de retraite a été la cible d’une attaque sonore.

Cimetière des éléphants
Une agence de voyage - qui articule mal exprès - propose des voyages organisés en euthanasie du sud-est à des clients seniors.
Ce tour au-cremator vise le segment des personnes âgées humbles et résignées qui préfèrent se donner la mort plutôt que de continuer d'être une charge pour leurs enfants.

Adoption
La reprise de la très forte natalité chinoise, ainsi que le droit à l’adoption pour les homosexuels, nécessairement obtenu pour pallier le manque de matériau jeune, a permis l’émergence d’une communauté inédite : les asiatiques à deux pères.

Géographie
La Côte d’Azur a été rebaptisée la Côte de Vermeil.

Rencontres
Le speed dating pour vieilles veuves et vieux veufs, ça cartonne !
Le seul hic, c’est de se souvenir de toutes les personnes qu’on aura vues au cours de l’une de ces soirées.
L'autre hic, c'est qu'il n'y a pas assez de vieux pour les vieilles.

Cinéma
On se souvient du grand succès populaire de 2034, " la Papy Boom ", et sa suite quelques années plus tard, " la Papy Boom 2 ".
Ces comédies bon enfant, voire petits-enfants, ont déclenché des océans de rires. En effet, le public s’est littéralement pissé dessus.
Il s’agissait des premiers films véritablement à l’écoute (à l’aide d’un appareil très discret) de leur public. L'histoire racontait les amours d'une vieille première, Vieille Bique, grâce aux conseils de sa petite-fille sympa.

Transports en commun
Dans les autobus, les métros, les tramways, les téléphériques, les funiculaires, et les trains de banlieue (notamment le Paris-Lyon), on trouve dans chaque wagon quatre places réservées pour les jeunes.
Il n’y a que quatre places en moyenne, un jeune finançant à peu près un quart d’effectif de wagon (en heure de pointe).
Une banquette par rame est réservée aux individus enceints.
Il faut enfin signaler que la carte 12/25 donne droit à la gratuité des transports.

17:05 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Vive la prospective hi-tech !

J'espère que cette année on verra refleurir les études de marché prospectives hi-tech, tellement surréalistes - mais si, Californie, automne 1999, les prophéties de Gartner, Instat, Jupiter, etc. ?

Attention à bien commencer par l’incantation fatidique, du genre " d’après Au Poil Research Group ".

"D’après Au Poil Research Group, 92% des femmes rousses de moins de trente ans et qui ont des toilettes dont la porte est ou a été peinte en blanc, y utiliseront des magazines soft-screen wi-fi dans 15 ans"

"D’après Au Poil Research Group, en 2024, 26% des foyers qui seront équipés d'une troisième télé auront aussi un réfrigérateur-haut-débit (pas pratique vu que le clavier fait aussi bac à glaçons, ndlr)";

"D’après Au Poil Research Group, le marché de la tablette électronique à partir de 2008 : soit il sera en croissance de 12,7% soit il aura été écrasé par les smart phones à écran dépliable"

"D’après Au Poil Research Group, en 2034, 50% des français de souche seront des français de cellules souche"

Vous ne vous êtes jamais demandé comment se passaient ces réunions fabuleuses, où on décidait des domaines d'études à " prospectiver " ?

J’imagine : petite maison de bois blanc laqué, un étage, vers Moutain View ou Sunnyvale, CA., dans une rue calme que bordent : des arbres fouillis, des publicité pour des chiropracteurs, et des résidences de bureaux en contre-plaqué vert-dentiste (maintenant partiellement désaffectées).
Dans cette petite maison transformée en cabinet de consulting hi-tech, une salle de réunion, je dirais, LA salle de réunion : quelques croûtes au mur (peintes par la femme du fondateur), une grande table en bois clair, des chaises en moquette sombre, une moquette en épiderme côtelé bleu, et la grande baie vitrée qui donne sur le parking fleuri où sont garés quelques 4x4 (non parce que, hi-tech et écolo, oui, mais bon, le 4x4 c’est bien aussi, et puis Apple ils fabriquent pas encore de voiture, hein !)
Dans un coin de la salle de réunion, une cafetière électrique, américaine, donc façon vidangeuse à huile de noix, et même pas hi-tech en plus (c’est-à-dire sans fonction appareil photo) ; à côté de la cafetière, quelques sachets mystérieux et autant d’ouvrages de T. Leary. Et sous la table, allongés, leurs mugs vides à côté d’eux, le regard fixé sur le dessous de la table (en bois clair également), quelques consultants vaquent dans leur tête (dont toujours un complètement chauve : ça sert pour la composition des photos de groupe, le photographe prend sa tête comme point de fuite).
Un stagiaire attend devant un whiteboard, feutre en main. C’est lui qui ira vérifier que l’intuition de ces consultants " precogs " est argumentable, et c’est lui qui rédigera. Il s’en fout, il a eu des actions dans la boîte parce que son père est pigiste à Wired, Industry Standard et Newsweek, et aussi parce qu’il a prêté son imprimante perso.
Au bout de quelques heures, les choses commencent à bouger. Le premier consultant (d’habitude, une femme) se relève et jette deux fois le dé à vingt faces sur la table. Le stagiaire note : 10, puis 13. Moue approbatrice des autres associés, genre " intéressant, 10 et 13 ".
Comme c’est un travail d’équipe, c’est maintenant au deuxième consultant de bouger. Il synthétise son rêve éveillé : visiblement, il s’agissait de balises flottantes multicolores à l’entrée d’un atoll ensoleillé. Après analyse des informations clé, le stagiaire note : " balise ", " lumière " et " entrée ".
Comme c’est un travail de réseau (un nouveau paradigme, quoi), c’est maintenant au tour d’un consultant de Barcelone de parler (il était là depuis le début par vidéo-conférence, mais comme la réunion a lieu à trois heures et demi du matin pour lui avec le décalage horaire il s’est assoupi sur son clavier et s’est réveillé en sursaut quand la touche du " v " lui est rentrée dans le nez). De ses jurons, le stagiaire extrait les notions de " fils " et " prostituée ", finalement abandonnées car hors-sujet. La filiale espagnole sera peut-être vendue.
Le tour continue, jusqu’au dernier consultant, le fondateur, dans son col roulé noir à reflets gris (comme ses cheveux soyeux). Il fédère l’équipe en offrant un résumé de ce que chacun a dit, et finit par le bilan de la réunion :
"D’après Au Poil Research Group, c'est entre 2010 et 2013 que le nombre de blogueurs dépassera le nombre de lecteurs de blogs"
Le stagiaire termine de noter, et se retire pour commencer la rédaction.

Le plus fou, c’est que vu de maintenant les prévisions faites en 1997-1999 apparaissent tout à fait vraies, et parfois même en-deçà de la réalité…

17:00 Publié dans Petites Batailles Anti-modernes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note